Un « effet retard » redouté par les autorités sanitaires
Alors que les températures commencent à baisser après un épisode caniculaire « sévère et durable », les autorités sanitaires françaises redoutent un « effet retard » sur la mortalité. Les décès liés à la chaleur peuvent survenir plusieurs jours après l'exposition, en raison de pathologies aggravées comme les accidents vasculaires cérébraux, les infarctus ou les décompensations de maladies chroniques. Santé publique France a appelé à la vigilance dans les prochains jours, alors que le bilan provisoire des vagues de chaleur successives depuis la fin du printemps dépasse déjà le millier de décès excédentaires.
Une situation hospitalière toujours sous tension
Les services d'urgence et de réanimation continuent de faire face à un afflux de patients souffrant de coups de chaleur, de déshydratation sévère et de complications respiratoires. Le ministre de la Santé a annoncé un plan d'urgence pour la rénovation des hôpitaux, notamment pour les équiper en matériel de rafraîchissement. L'État a débloqué 50 millions d'euros à cet effet, mais des députés et des soignants jugent ces mesures insuffisantes face à la saturation des établissements. Plusieurs syndicats d'urgentistes ont dénoncé des conditions de travail « intenables » dans des structures souvent dépourvues de climatisation dans les chambres.
Un troisième épisode caniculaire en moins de deux mois
La France connaît son troisième épisode de forte chaleur en moins de deux mois, après une vague précoce fin mai et une autre durant la deuxième quinzaine de juin. Selon Météo-France, plus de la moitié des 53 vagues de chaleur recensées depuis 1947 sont survenues après 2010, un signal du réchauffement climatique. Au 1er juillet, 54 % des nappes phréatiques se trouvaient sous les normales saisonnières, selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).
Des records de température et une vigilance orange étendue
Mercredi 8 juillet, 67 départements étaient placés en vigilance orange canicule. Des pointes à 41,3 °C ont été enregistrées à Angoulême, et jusqu'à 42 °C près des côtes du Languedoc-Roussillon. L'épisode caniculaire, qualifié de « sévère et durable », devait se prolonger « très probablement jusqu'en fin de semaine, voire au-delà » selon les prévisions, avec une extension possible vers le Grand-Est et la Franche-Comté.
Des coupures de courant et un risque d'incendie « très sévère »
La chaleur accumulée dans les sols a provoqué des coupures de courant à Paris et Marseille, les câbles souterrains atteignant localement 80 °C en surface. Par ailleurs, les autorités ont mis en garde contre un risque « très sévère » d'incendies dans la moitié sud, avec des vents renforcés. Les feux précoces mobilisent déjà les pompiers depuis plusieurs jours, notamment dans l'Hérault.
Des mesures de protection renforcées
Face à cet épisode, plusieurs municipalités ont pris des mesures de protection pour les populations vulnérables. À Paris, la vente d'alcool en soirée a été interdite et la marche des fiertés reportée. À Marseille, une ombrière de 400 m² équipée de brumisateurs a été installée sur le site du Mondial la marseillaise, le plus grand tournoi international de pétanque.
Les autorités sanitaires rappellent les gestes essentiels : boire régulièrement de l'eau, éviter les sorties aux heures les plus chaudes, maintenir les logements au frais et prendre des nouvelles des personnes âgées ou isolées. L'alerte reste de mise, malgré l'accalmie météorologique attendue dans les prochains jours.