Le litre de SP95-E10 a de nouveau dépassé les deux euros lundi dans les stations-service, marquant un retour à un niveau élevé après une période d'accalmie. Cette augmentation intervient dans un contexte de tension sur les marchés mondiaux du pétrole, où plusieurs facteurs se conjuguent pour tirer les prix vers le haut.

Francis Pousse, président national de la branche Distributeurs Carburants et Énergies Nouvelles du syndicat Mobilians, a avancé plusieurs explications. Parmi celles-ci, il a mis en avant le rôle d'« investisseurs qui jouent avec les risques » sur les marchés à terme. Selon lui, ces mouvements spéculatifs amplifient les variations des cours du brut, au-delà des seules données de l'offre et de la demande. « On observe des prises de position qui ne correspondent pas toujours aux fondamentaux », a-t-il ajouté.

Le responsable syndical a également rappelé que la flambée des prix du pétrole brut, observée depuis plusieurs semaines, se répercute mécaniquement à la pompe. Les coûts d'approvisionnement des raffineurs augmentent, et les distributeurs répercutent ces hausses avec un certain délai. Le SP95-E10, carburant le plus vendu en France, est particulièrement sensible à ces évolutions.

Un contexte mondial tendu

Au-delà des facteurs spéculatifs, la hausse des prix du pétrole s'explique aussi par des tensions géopolitiques et une offre mondiale jugée insuffisante face à une demande qui reste soutenue. Les investisseurs anticipent des risques de perturbation des approvisionnements, ce qui les pousse à acheter massivement des contrats à terme, contribuant ainsi à une spirale haussière.

Pour les automobilistes français, ce nouveau franchissement de la barre des deux euros est un signal inquiétant. Après plusieurs semaines de baisse, le prix du SP95-E10 avait oscillé autour de 1,90 euro. Ce retour au-dessus de 2 euros alourdit le budget des ménages, d'autant que les autres carburants, comme le gazole, connaissent également des augmentations.

Des perspectives incertaines

François Pousse n'a pas exclu que les prix restent élevés dans les prochains jours si la tendance des marchés se confirme. Il a appelé à une vigilance accrue sur les comportements spéculatifs, estimant qu'ils ajoutent une volatilité inutile à un marché déjà sous pression. « Il faudrait davantage de transparence sur les transactions à terme pour éviter ces excès », a-t-il plaidé.

En attendant, les consommateurs sont invités à comparer les prix entre stations et à adapter leurs déplacements pour limiter l'impact de cette hausse. Le gouvernement, de son côté, suit la situation de près, mais aucune mesure de blocage des prix n'est envisagée à ce stade.