Le chanteur américain Chris Brown a été reconnu responsable, mardi 30 juin, par un jury de Los Angeles, des séquelles subies par son ancienne femme de ménage lors d'une attaque de chien survenue en 2020 à son domicile de Tarzana, en Californie. La cour lui a ordonné de verser près de 13 millions de dollars à la victime et à des membres de sa famille.

Maria Avila a été sauvagement mordue par Hades, un berger du Caucase de 90 kilos appartenant au chanteur, alors qu'elle vidait les poubelles devant la propriété. Le verdict a été rendu à l'issue d'un procès de deux semaines. Chris Brown et sa société Black Pyramid LLC ont été condamnés à payer 12,9 millions de dollars (environ 11,3 millions d'euros) pour négligence à Maria Avila, a indiqué l'avocat de la famille, Michael C. Murphy Jr.

Des dommages supplémentaires ont été accordés à la sœur de la victime, Patricia Avila, qui se trouvait également sur les lieux au moment de l'agression. Elle recevra 885 000 dollars (environ 776 000 euros) pour préjudice moral. Le mari de Maria Avila, Oscar Olivo, s'est vu attribuer la somme de 50 000 dollars (environ 38 000 euros).

Un chien présenté comme un gardien

Lors des débats, Chris Brown a plaidé que l'animal n'était pas un animal de compagnie personnel, mais un chien de garde utilisé pour dissuader les intrusions. Il a affirmé que le berger du Caucase était acquis et entretenu par ses agents de sécurité. Le chanteur, connu pour ses démêlés judiciaires, a reconnu une part de responsabilité avant le début du procès, mais a contesté l'étendue des blessures de Maria Avila et a tenté de démontrer une faute partielle de la victime.

Selon les témoignages rapportés lors de l'audience, Chris Brown aurait déclaré avoir prévenu les deux employées que les chiens « n'étaient absolument pas amicaux » et leur aurait ordonné de ne se rendre à l'extérieur qu'en présence d'un agent de sécurité. Les deux sœurs ont nié l'existence d'une telle conversation, évoquant une barrière de la langue qui rendait cet échange improbable.

Un départ précipité après l'attaque

Un élément a particulièrement marqué les jurés : le comportement du chanteur immédiatement après l'agression. Alors que Maria Avila gisait au sol, grièvement blessée, Chris Brown n'a pas appelé les secours lui-même. Il a quitté les lieux sur les conseils de son manager, craignant, a-t-il expliqué, un « cirque médiatique » si sa voix était entendue sur l'enregistrement de l'appel aux urgences ou s'il était présent à l'arrivée de la police.

« Le sang m'a vraiment effrayé », a-t-il témoigné, ajoutant qu'il était « sous le choc ». Il a décrit être descendu de la salle de bains après avoir entendu le chien grogner et avoir trouvé Maria Avila immobile dans une mare de sang.

Des séquelles physiques et psychologiques

Maria Avila a témoigné en espagnol, assistée d'un interprète. Elle a montré au jury les cicatrices qui lui parcourent le visage, de l'œil gauche jusqu'au front, ainsi que la peau abîmée de son avant-bras. Le chien, selon ses dires, a arraché de « gros morceaux de sa peau », entraînant une défiguration permanente, des cicatrices, une perte de vision et des lésions nerveuses.

Les chirurgiens ont prélevé de la peau sur son abdomen pour réparer son bras, mais la mobilité de celui-ci reste limitée. La victime a expliqué ne pas avoir pu reprendre son travail de femme de ménage en raison d'un manque de force dans le bras et d'un stress post-traumatique qui l'empêche de se trouver à proximité de chiens chez ses clients.

L'avocat Michael C. Murphy Jr. s'est réjoui de l'issue du procès, déclarant : « Après plus de cinq ans de procédure contre Chris Brown, nous sommes ravis d'avoir obtenu justice pour notre cliente. »