La proposition de loi des Écologistes visant à créer un « congé climatique » de cinq jours rémunérés par an pour permettre aux salariés de se protéger lors de catastrophes naturelles ou de vagues de chaleur suscite une vive opposition du principal syndicat patronal français. Patrick Martin, président du Mouvement des entreprises de France (Medef), a exprimé son rejet catégorique de cette mesure, qu'il juge contre-productive pour l'économie.

Une opposition fondée sur la compétitivité

« Moins on travaille, moins on produit, moins on a d'argent et moins on électrifie », a déclaré Patrick Martin pour justifier sa position. Selon lui, l'instauration de ces cinq jours de congé annuel supplémentaire, qu'il qualifie de « congés canicule », nuirait à la production nationale et aux efforts de réindustrialisation et de transition énergétique. Le patron du Medef estime que le dispositif affaiblirait la compétitivité des entreprises françaises à un moment où celles-ci doivent déjà faire face à des contraintes croissantes.

Une proposition controversée

Portée par les députés écologistes, la proposition de loi prévoit cinq jours de congé payé par an que les salariés pourraient utiliser en cas de pic de chaleur ou de catastrophe climatique, sans perte de salaire ni nécessité de poser un congé classique. Les auteurs du texte estiment que les travailleurs exposés à des conditions extrêmes doivent bénéficier d'une protection renforcée, alors que les épisodes caniculaires se multiplient avec le changement climatique. Le dispositif s'inspire de mécanismes existants dans certains pays européens, comme le « jour de chaleur » instauré en Espagne dans le cadre des accords d'entreprise.

Un débat qui s'annonce vif

Les syndicats de salariés, de leur côté, n'ont pas encore officiellement réagi à la proposition. Certaines organisations avaient déjà demandé des mesures spécifiques pour les travailleurs exposés à la chaleur, notamment dans le BTP, l'agriculture ou la logistique. Le gouvernement n'a pas pris position sur le texte, qui devra être examiné par le Parlement. L'opposition frontale du Medef laisse présager des débats houleux entre les partenaires sociaux et les parlementaires.

En attendant, la proposition des Écologistes, soutenue par une pétition en ligne, cherche à imposer le sujet de l'adaptation au changement climatique dans le droit du travail. Les prochains mois diront si cette initiative législative parviendra à franchir les obstacles politiques et patronaux.