L'Afrique du football vit un moment sans précédent dans l'histoire de la Coupe du monde. Alors que les phases de poules de l'édition 2026, organisée en Amérique du Nord, viennent de s'achever, le bilan des nations africaines est éclatant : neuf sélections sur dix ont validé leur billet pour les seizièmes de finale, un record absolu pour le continent.
Seule la Tunisie, après des prestations décevantes, a quitté la compétition dès le premier tour. Tous les autres représentants – Maroc, Égypte, Cap-Vert, Sénégal, Nigeria, Ghana, Algérie, Côte d'Ivoire et Cameroun – ont franchi l'obstacle. Avec un taux de qualification de 90 %, l'Afrique affiche le meilleur ratio parmi les six confédérations engagées, une statistique qui témoigne de la montée en puissance de son football.
Des réactions unanimes
Le patron de la Confédération africaine de football (CAF) a salué cette performance collective, y voyant le fruit du travail accompli depuis plusieurs années sur le continent. Ancien gardien international camerounais, Joseph-Antoine Bell a qualifié ce résultat de « remarquable » dans des déclarations rapportées. « Neuf équipes africaines qualifiées sur dix, c'est remarquable », a-t-il souligné, ajoutant que cela démontre les progrès constants des sélections africaines.
Un bond en avant après la demi-finale marocaine
Ce succès fait suite à l'exploit du Maroc en 2022, où les Lions de l'Atlas étaient devenus la première équipe africaine à atteindre les demi-finales d'une Coupe du monde. Cet élan a porté les ambitions du continent, qui compte désormais dix représentants dans le tournoi – un nombre record lié à l'élargissement du Mondial à 48 équipes. Pour la première fois, l'Afrique aborde les phases à élimination directe avec une large délégation, ce qui accroît mécaniquement ses chances d'aller loin.
Les clefs de la réussite
Plusieurs facteurs expliquent cette performance. La première journée de compétition avait déjà montré des signes encourageants : le Maroc a tenu en échec le Brésil (1-1), l'Égypte a accroché la Belgique (1-1) et le Cap-Vert, novice dans le tournoi, a surpris l'Espagne. La solidité défensive, l'émergence de jeunes talents comme Ayyoub Bouaddi côté marocain, et l'expérience de cadres comme Mohamed Salah ont permis aux sélections africaines de gérer les moments clés.
Les observateurs notent également une meilleure préparation tactique et une plus grande densité de joueurs évoluant dans les championnats européens de haut niveau. Le football africain semble avoir franchi un palier dans l'organisation collective, même si des disparités persistent entre les nations.
Quelles perspectives pour la suite ?
La question qui se pose désormais est de savoir si l'une de ces neuf équipes pourra pousser jusqu'à la finale, un Graal jamais atteint par une nation africaine. Le parcours du Maroc en 2022 a montré la voie, mais le challenge reste immense face aux cadors européens et sud-américains. Les seizièmes de finale opposeront les représentants africains à des adversaires variés, et les premiers matchs à élimination directe seront décisifs pour jauger le réel niveau de compétitivité.
Pour les dirigeants et les passionnés, ce Mondial 2026 marque déjà une étape historique. Le continent a prouvé qu'il pouvait aligner un grand nombre d'équipes compétitives, une base sur laquelle bâtir l'ambition d'une première finale, voire d'un titre mondial dans les années à venir.