Pour la première fois depuis le début de la canicule qui frappe la région parisienne, l'activité des services d'urgences hospitaliers a amorcé une décrue. L'Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé dimanche que sur les dernières 24 heures, ses établissements avaient comptabilisé un peu plus de 2 650 passages aux urgences, soit une baisse d'environ 10 % par rapport au pic enregistré la veille.
Cette inflexion intervient après plusieurs jours de tension extrême. La semaine précédente, le Samu de Paris avait fait état de 109 décès en une journée, un chiffre huit fois supérieur à la normale pour une période estivale. Les services d'urgence avaient vu leur fréquentation bondir de 36 %, atteignant près de 3 000 admissions quotidiennes. Parallèlement, les appels aux Samu régionaux avaient augmenté de 50 %, et le recours à la téléconsultation avait été multiplié par six dans certaines zones.
Un répit mais pas encore l'accalmie
Si la baisse annoncée dimanche constitue un premier signe de détente, les autorités sanitaires appellent à la prudence. La canicule, qui persiste dans plusieurs départements, continue de faire peser un risque élevé sur les populations vulnérables, notamment les personnes âgées et celles souffrant de pathologies chroniques. Les structures de soins restent en alerte, et les équipes médicales suivent de près l'évolution des indicateurs.
Selon l'AP-HP, cette diminution pourrait s'expliquer par une meilleure adaptation des citadins aux fortes chaleurs – recours accru aux téléconsultations, reports de consultations non urgentes, gestes de prévention plus systématiques –, mais aussi par un début de reflux des températures maximales dans certaines zones de l'agglomération. Aucune hypothèse n'est cependant confirmée officiellement.
Un contexte encore fragile
Malgré cette embellie relative, le système de santé parisien demeure sous tension. Les services de réanimation et les unités de soins intensifs continuent d'accueillir un nombre important de patients pour des coups de chaleur ou des décompensations de maladies chroniques. Le Samu, dont la charge de travail reste supérieure de 30 à 40 % à la moyenne saisonnière, maintient ses effectifs renforcés.
Les prochains jours seront décisifs pour déterminer si cette baisse des passages aux urgences correspond à un pic passé ou à un simple plateau temporaire. Les prévisions météorologiques annoncent un maintien des températures élevées pour le début de la semaine, ce qui pourrait relancer la pression sur les hôpitaux.
Les autorités locales rappellent les consignes de précaution : hydratation régulière, évitement des sorties aux heures les plus chaudes, vigilance pour les personnes isolées. L'AP-HP, de son côté, continue d'adapter son dispositif, en ouvrant des lits supplémentaires et en déprogrammant certaines interventions non urgentes pour libérer des capacités.