Le ministère des Armées a officialisé le choix de Safran et de MBDA pour la fourniture de nouveaux systèmes d’artillerie de longue portée, mettant fin à plusieurs mois de compétition. Cette décision écarte définitivement l’offre du constructeur américain, dont le système était jusqu’alors considéré comme un candidat sérieux.

Un choix souverain

Selon des sources proches du dossier, l’exécutif a privilégié une solution intégralement développée et produite sur le territoire national, afin de garantir la souveraineté industrielle et technologique de la France. Safran apportera son expertise en matière de propulsion et de guidage, tandis que MBDA fournira les lanceurs et les munitions. L’enveloppe budgétaire allouée à ce programme n’a pas été précisée officiellement, mais des estimations évoquent plusieurs centaines de millions d’euros sur la durée du contrat.

Les contours du programme

Le programme, baptisé « Artillerie de longue portée nouvelle génération », vise à remplacer progressivement les systèmes actuels vieillissants. Il comprendra à la fois des canons tractés et des lance-roquettes montés sur véhicules blindés, avec une portée minimale fixée à 70 kilomètres. Les premières livraisons interviendraient d’ici 2028, selon le calendrier évoqué par les industriels.

Réactions du marché

L’annonce a été saluée par les syndicats et les élus locaux des sites de production concernés, notamment à Bourges (Cher) pour MBDA et à Saint-Médard-en-Jalles (Gironde) pour Safran. Les actions des deux groupes ont légèrement progressé en Bourse après la publication de la nouvelle, signe de la confiance des investisseurs dans ce segment.

Un signal fort pour l’Europe de la défense

Ce choix intervient alors que l’Union européenne cherche à renforcer sa base industrielle de défense et à réduire sa dépendance vis-à-vis des équipements américains. Paris entend ainsi montrer la voie en matière de coopération européenne tout en préservant ses capacités nationales. Le ministre des Armées a déclaré que cette décision « illustre la capacité de la France à innover et à produire en propre les systèmes d’armes dont elle a besoin pour sa sécurité ».

Des implications à l’export

Le succès de ce programme pourrait aussi ouvrir des perspectives commerciales à l’exportation pour Safran et MBDA, plusieurs pays européens et du Moyen-Orient ayant manifesté leur intérêt pour des systèmes similaires. Le gouvernement entend soutenir ces démarches dans le cadre de sa politique de défense.

Calendrier des prochaines étapes

Les premières études de conception détaillée doivent débuter dans les prochaines semaines. Un premier prototype est attendu pour 2027, avant une série de tirs d’essai en 2028 et une mise en service opérationnel à l’horizon 2030. La commande initiale porterait sur une centaine de systèmes, avec des options pour plusieurs centaines supplémentaires.

Conclusion

En retenant Safran et MBDA, la France fait le pari de l’indépendance technologique et industrielle dans un domaine stratégique. Ce choix conforte la place de ces deux champions nationaux sur le marché de l’armement de longue portée, tout en répondant aux impératifs de souveraineté et de compétitivité.