Un nouvel épisode de tension a opposé le Japon et la Chine en mer de Chine orientale. Mardi 7 juillet, plusieurs bâtiments des gardes côtières des deux pays se sont retrouvés face à face à proximité des îles Senkaku – revendiquées par Pékin sous le nom de Diaoyu –, donnant lieu à des accusations réciproques de violation des eaux territoriales.

Selon les autorités japonaises, quatre navires chinois évoluaient dans le secteur, dont deux auraient pénétré dans les eaux considérées comme territoriales par Tōkyō. Les bâtiments chinois se seraient approchés d’un bateau de pêche nippon présent dans la zone. La garde côtière japonaise a indiqué avoir « ordonné aux navires chinois de quitter les lieux » et être parvenue à « les faire sortir des eaux territoriales japonaises aux alentours de 9 h 20 (0 h 20 GMT) ». Le gouvernement japonais a qualifié ces incursions de « violation du droit international ».

De son côté, la garde côtière chinoise a présenté une version radicalement différente des faits. Dans un communiqué, elle affirme qu’un bateau de pêche japonais avait « pénétré » dans ses eaux territoriales et que ses propres unités ont « pris les mesures nécessaires pour l’avertir et l’expulser ». Pékin réaffirme que l’archipel des Senkaku/Diaoyu est « un territoire inhérent à la Chine » et exhorte « la partie japonaise à cesser immédiatement toutes les violations de droits et actes provocateurs dans les eaux concernées ».

Un contentieux territorial ancien

Cet incident intervient dans un contexte de relations bilatérales déjà tendues. Les îles Senkaku, inhabitées, sont administrées par le Japon mais revendiquées par la Chine. Situées entre Taïwan et l’archipel japonais d’Okinawa, elles constituent un point de friction récurrent entre les deux puissances asiatiques. Ces dernières semaines, plusieurs incidents aériens et maritimes avaient déjà ravivé les tensions, Tōkyō ayant notamment protesté le 3 juillet contre des survols chinois à proximité d’une île méridionale japonaise.

Ce nouvel affrontement en mer illustre la persistance du différend territorial et la difficulté à établir des mécanismes de confiance mutuelle dans cette zone hautement stratégique. Aucun blessé ni dégât matériel n’a été signalé, mais la confrontation accroît le risque d’escalade entre les deux capitales.