Les garde-côtes japonais et chinois se sont livrés à une nouvelle confrontation en mer de Chine orientale autour de l’archipel disputé des Senkaku, administré par le Japon mais revendiqué par la Chine. Selon Tokyo, quatre bâtiments chinois ont été détectés dans les parages mardi matin, dont deux auraient pénétré dans ce que le Japon considère comme ses eaux territoriales. Les navires chinois se seraient approchés d’un bateau de pêche japonais opérant dans la zone.
Le gouvernement nippon a affirmé avoir ordonné aux unités chinoises de quitter la zone, précisant qu’elles avaient obtempéré avant 9 h 20, heure locale. Cette intrusion a été qualifiée de « violation du droit international » par les autorités de Tokyo.
De son côté, la Chine a livré une version radicalement différente des événements. Dans un communiqué, les garde-côtes chinois ont indiqué qu’un navire de pêche japonais avait « pénétré » dans leurs eaux territoriales et que leurs propres bâtiments avaient pris « les mesures nécessaires pour l’avertir et l’expulser ». Pékin a réaffirmé que l’archipel était « un territoire inhérent à la Chine » et a appelé « la partie japonaise à cesser immédiatement tous les actes de violation des droits et de provocation dans les eaux concernées ».
Un contentieux territorial ancien et récurrent
Les îles Senkaku, que Pékin appelle Diaoyu, sont inhabitées mais riches en ressources halieutiques et potentiellement en hydrocarbures. Elles sont administrées par le Japon depuis la fin du XIXe siècle, mais la Chine les revendique comme partie intégrante de son territoire historique. Taïwan, qui se considère comme le gouvernement légitime de la Chine, les réclame également.
Ces îlots, situés entre Taïwan et l’archipel d’Okinawa, sont une source récurrente de friction entre Tokyo et Pékin. Des navires chinois y patrouillent régulièrement, et les garde-côtes japonais assurent une présence permanente pour dissuader toute incursion. Les deux pays ont déjà échangé des accusations similaires à de nombreuses reprises.
Escalade des tensions
Ce nouvel incident intervient alors que les relations sino-japonaises sont déjà mises à rude épreuve. Le 3 juillet, Tokyo avait officiellement protesté après que des avions militaires chinois auraient survolé une île du Sud du Japon, un autre acte que le gouvernement nippon considère comme une violation de sa souveraineté. La multiplication de ces confrontations, tant aériennes que maritimes, suscite des inquiétudes quant à une escalade involontaire entre les deux puissances asiatiques.
Les autorités nippones ont annoncé avoir transmis une note de protestation à l’ambassade de Chine à Tokyo. Aucune réaction officielle chinoise n’a été rendue publique à ce stade en dehors du communiqué des garde-côtes. Les deux parties maintiennent leurs positions respectives sans signe d’apaisement pour l’instant.