Un procès hors norme s’est ouvert cette semaine dans le Pas-de-Calais. Un homme âgé d’une quarantaine d’années est jugé pour des faits de viols et violences commis à l’encontre de plusieurs compagnes, dans un contexte qualifié d’emprise et de polygamie. Les enquêteurs ont décrit un fonctionnement quasi sectaire, où le prévenu exerçait un contrôle total sur les femmes partageant sa vie.

Un système d’emprise décrit comme un « harem »

Selon les éléments recueillis par les forces de l’ordre, le mis en cause entretenait simultanément des relations avec plusieurs femmes, qu’il soumettait à des règles strictes. Les témoignages font état de violences physiques et psychologiques récurrentes, d’isolement social et de pressions constantes. L’une des victimes a raconté avoir été coupée de sa famille et de ses amis, ses déplacements étant surveillés. L’expression « harem » a été utilisée par des proches pour décrire l’organisation imposée par le prévenu.

Des viols et violences répétés

L’accusation porte notamment sur des viols commis sur plusieurs plaignantes. Les expertises médico-légales confirment la réalité des sévices. Les enquêteurs ont également mis au jour des violences conjugales habituelles, avec des coups portés en public comme à domicile. Le prévenu aurait justifié ses actes par une conception rigoriste de la religion et de la place des femmes, bien que les enquêteurs précisent qu’il s’agissait d’un outil de domination plus que d’une pratique religieuse authentique.

Un profil manipulateur

Les psychologues qui ont examiné l’homme le décrivent comme une personnalité manipulatrice, ayant une très haute estime de lui-même et une incapacité à reconnaître les droits de ses partenaires. Il aurait ainsi réussi à convaincre plusieurs de ses compagnes que leur condition était normale, voire souhaitable. Les enquêteurs soulignent que les femmes étaient souvent dans une grande dépendance affective et matérielle, ce qui rendait toute plainte difficile.

Des années de calvaire

Les faits jugés s’étalent sur plusieurs années, sans qu’aucune intervention extérieure ne vienne les interrompre. Ce n’est qu’après le dépôt d’une première plainte, suivie de témoignages concordants, que l’enquête a pu être ouverte. Le prévenu conteste une partie des accusations, mais reconnaît certaines violences, qu’il minimise.

Un procès sous haute tension

La cour criminelle du Pas-de-Calais doit statuer sur ces faits. Les parties civiles, accompagnées d’associations d’aide aux victimes, espèrent que ce procès permettra de reconnaître la gravité des souffrances endurées. La défense, quant à elle, plaide pour une lecture plus nuancée des relations décrites. Le délibéré est attendu dans les prochains jours.