Un verdict de douze années de réclusion
Le 11 juin 2026, la cour criminelle du Pas-de-Calais a prononcé une peine de douze ans de réclusion criminelle à l’encontre d’un homme poursuivi pour des viols, des violences aggravées et des faits de polygamie. Le jugement, rendu à l’issue de plusieurs jours d’audience, a mis un terme à une affaire qui avait débuté par le dépôt de plaintes de plusieurs femmes se présentant comme ses épouses.
Un système d’emprise sur plusieurs conjointes
Durant les débats, les magistrats ont reconstitué le mode opératoire de l’accusé. Selon les éléments présentés au tribunal, ce dernier entretenait simultanément des relations maritales avec plusieurs femmes, sans que toutes aient connaissance des autres unions. Les faits de violences physiques et psychologiques, ainsi que de viols, se seraient déroulés sur une période de plusieurs années au domicile familial, situé dans une commune du Pas-de-Calais.
Les plaignantes ont décrit un climat de contrôle permanent, ponctué de menaces et de passages à l’acte violents. L’une d’elles a notamment témoigné des pressions exercées pour obtenir des relations sexuelles non consenties. Le volet polygamique de l’affaire a été retenu par la cour, qui a estimé que l’accusé avait délibérément organisé une vie conjugale multiple, en usant de son autorité pour dissimuler cette situation à ses partenaires.
Un procès sous haute tension
Le procès, qui s’est ouvert le 8 juin 2026 devant la cour criminelle départementale, a été marqué par la confrontation des récits. L’accusé, âgé d’une quarantaine d’années au moment des faits, a nié une partie des accusations, tout en reconnaissant des relations extraconjugales. Il a contesté la qualification de viol, affirmant que les actes sexuels étaient consentis. L’expertise psychologique réalisée sur sa personnalité a mis en évidence des traits de manipulation et une incapacité à reconnaître la souffrance d’autrui.
Les avocats des parties civiles ont plaidé pour une peine exemplaire, dénonçant « un système d’emprise totalitaire » sur les victimes. Le ministère public avait requis une peine de quatorze années de réclusion. La défense, de son côté, avait plaidé pour une disqualification des faits de viol et une peine plus clémente.
Les suites judiciaires et la protection des victimes
Outre la peine privative de liberté, la cour a prononcé une interdiction définitive du territoire français à l’encontre du condamné, de nationalité étrangère. Des mesures d’éloignement et de suivi socio-judiciaire ont également été ordonnées. Les victimes, qui ont bénéficié d’une assistance psychologique tout au long de la procédure, se sont dites soulagées par le verdict, même si certaines ont exprimé leur déception face à une peine inférieure aux réquisitions.
Cette affaire relance le débat sur la reconnaissance juridique de la polygamie en France, où cette pratique est interdite par la loi. Les associations d’aide aux victimes ont salué la prise en compte de cette dimension dans le jugement, estimant qu’elle permet de mieux caractériser l’emprise exercée par l’accusé.
Le contexte plus large des violences conjugales
Ce dossier s’inscrit dans une actualité judiciaire régulière autour des violences conjugales dans les Hauts-de-France. Selon les statistiques officielles, le Nord et le Pas-de-Calais figurent parmi les départements où le nombre de plaintes pour violences entre partenaires est le plus élevé. Les professionnels du secteur rappellent que la polygamie, bien que rarement invoquée dans les procédures, constitue un facteur aggravant dans les dynamiques de domination.
Le verdict du 11 juin 2026 pourrait faire l’objet d’un appel, les délais légaux pour se pourvoir n’étant pas encore expirés. En l’état, l’accusé a été incarcéré à l’issue de l’audience.