Le tribunal de commerce a officiellement ouvert une procédure de redressement judiciaire à l'encontre de Duralex, la célèbre manufacture de verre basée à Orly et connue dans le monde entier pour ses bols et ses verres incassables. L'entreprise, propriété du groupe international Pyrex (détenu par l'investisseur américain Helen of Troy Limited), avait évoqué depuis plusieurs semaines des « tensions de trésorerie » croissantes, qui l'ont amenée à solliciter la protection du tribunal.

Cette décision judiciaire intervient alors que la société, qui emploie plusieurs centaines de salariés, subit depuis plusieurs années les conséquences de la concurrence étrangère et de la hausse des coûts de l'énergie. Le redressement judiciaire offre une période d'observation pendant laquelle l'entreprise peut tenter de renégocier ses dettes et de trouver un repreneur ou un plan de continuation. Les dirigeants de Duralex ont indiqué qu'ils souhaitaient utiliser cette période pour restructurer l'outil de production et préserver les savoir-faire historiques du site orlysien.

La direction a précisé que l'activité se poursuit normalement pendant la période d'observation, et que les salaires des employés sont garantis par le régime d'assurance-chômage. Toutefois, des incertitudes pèsent sur l'avenir à long terme de l'usine, dont le nom est associé à un patrimoine industriel français depuis sa création dans les années 1940.

Les autorités locales et les syndicats ont exprimé leur inquiétude face à cette situation. Les élus du territoire appellent à une mobilisation pour trouver des solutions de reprise, tandis que les organisations syndicales demandent des garanties sur le maintien de l'emploi et des conditions de travail. Le groupe Pyrex, qui avait acquis Duralex en 2022, n'a pour l'instant pas communiqué de plan détaillé pour l'avenir de la filiale française.

Le redressement judiciaire de Duralex s'ajoute à une série de difficultés rencontrées par les verriers européens, confrontés à la concurrence asiatique et à la flambée des prix du gaz et de l'électricité. Plusieurs sites similaires en Europe ont déjà fermé ou réduit leur activité ces dernières années. Le cas de Duralex est particulièrement suivi car il représente un symbole du made in France et de la verrerie de table.