La compagnie aérienne britannique EasyJet a rejeté une troisième proposition de rachat émanant du fonds d’investissement américain Castlelake, tout en acceptant d’ouvrir des discussions préliminaires avec ce dernier, selon des informations confirmées par des sources proches du dossier.

L’offre, évaluée à 4,74 milliards de livres sterling (environ 5,5 milliards d’euros), soit 650 pence par action, a été jugée insuffisante par le conseil d’administration d’EasyJet, qui l’a rejetée à l’unanimité. Castlelake, qui détient déjà une participation de 15 % dans le capital de la compagnie, avait formulé deux précédentes propositions, également repoussées par la direction.

Un changement de position stratégique

Si EasyJet a refusé les trois offres présentées depuis plusieurs semaines, la direction a toutefois accepté de rencontrer les représentants de Castlelake pour explorer les contours d’une éventuelle transaction. Cette ouverture marque une inflexion dans la position du transporteur, qui s’était jusqu’alors montré fermement opposé à toute discussion sur un rachat.

Les échanges à venir devraient porter sur le prix proposé, les modalités de financement et les garanties opérationnelles. Castlelake, qui gère un portefeuille d’actifs dans le secteur aéronautique, chercherait à étendre son influence au sein du marché européen du transport aérien low-cost.

Les réactions du marché

L’annonce de l’ouverture des pourparlers a provoqué une hausse significative du titre EasyJet à la Bourse de Londres, les investisseurs anticipant une possible surenchère de la part de Castlelake ou l’émergence d’autres prétendants. Les analystes financiers estiment que le fonds américain pourrait revoir à la hausse son offre pour convaincre le conseil d’administration.

Plusieurs actionnaires institutionnels d’EasyJet ont exprimé des avis partagés : certains estiment que la valorisation proposée sous-évalue le potentiel de croissance de la compagnie, tandis que d’autres jugent qu’une acquisition pourrait apporter des ressources supplémentaires pour faire face à la concurrence accrue sur le marché européen.

Le contexte du transport aérien

Ce feuilleton capitalistique intervient dans un contexte de consolidation du secteur aérien en Europe, où les compagnies cherchent à renforcer leur position face à la montée en puissance des transporteurs à bas coûts et à la reprise soutenue du trafic post-pandémie. EasyJet, basée à Luton, exploite plus de 300 appareils et dessert environ 160 aéroports à travers le continent.

Castlelake, basé à Minneapolis, investit notamment dans des actifs liés à l’aviation, tels que des flottes d’avions et des infrastructures aéroportuaires. Le fonds avait déjà tenté de prendre le contrôle d’EasyJet par le passé, sans succès.

Prochaines étapes

Les discussions entre les deux parties devraient se poursuivre dans les prochaines semaines. Aucun calendrier précis n’a été fixé pour la conclusion d’un éventuel accord. La direction d’EasyJet a précisé qu’elle n’envisagerait une cession qu’à un prix reflétant « la juste valeur » de la compagnie et garantissant la pérennité de ses activités et de ses employés.

L’Autorité des marchés financiers britannique (FCA) pourrait être amenée à se prononcer si une offre formelle était déposée, dans le cadre des règles applicables aux opérations de fusion-acquisition.