La première alerte à Ebola enregistrée sur le territoire français s'accompagne de premières mesures de quarantaine. Mercredi 24 juin, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a fait savoir que cinq passagers qui partageaient le même vol que le médecin humanitaire contaminé par le virus Ebola sont désormais considérés comme des cas contacts potentiels et ont été placés à l'isolement.
Le praticien, de retour de la République démocratique du Congo, où sévit une épidémie de grande ampleur, avait été diagnostiqué positif au virus après son arrivée en France. Il s'agit du premier cas avéré de cette fièvre hémorragique dans le pays. Les autorités sanitaires ont immédiatement activé les protocoles de surveillance et de traçage des contacts.
Selon les informations communiquées par la ministre, les cinq personnes concernées voyageaient dans l'appareil en provenance de Kinshasa. Leur identification a été réalisée à partir des listes de passagers fournies par la compagnie aérienne. Elles ont été isolées dans des structures adaptées, a précisé Stéphanie Rist, sans donner plus de détails sur leur localisation ni sur leur état de santé.
Cette annonce intervient alors que les services de santé multiplient les vérifications pour empêcher toute propagation du virus. Les personnels soignants qui ont pris en charge le médecin dès son arrivée à l'aéroport ont également été placés sous surveillance, selon des sources sanitaires. Le patient, quant à lui, est pris en charge dans une unité spécialisée.
Suivi épidémiologique renforcé
Le ministère de la Santé a indiqué que toutes les personnes ayant été en contact direct avec le médecin depuis son retour sont répertoriées et suivies. L'objectif est de confiner tout risque de transmission secondaire. La période d'incubation du virus Ebola pouvant aller jusqu'à 21 jours, une surveillance active est maintenue sur les cas contacts pendant cette durée.
Les autorités appellent à la vigilance mais insistent sur le fait que le risque pour la population générale reste faible. Le médecin, qui œuvrait dans des zones touchées par l'épidémie en RDC, présentait des symptômes avant son départ, mais ceux-ci n'avaient pas été identifiés comme étant ceux d'Ebola lors des contrôles préalables au vol.
Cette situation relance le débat sur les protocoles de dépistage dans les zones épidémiques et sur les mesures de contrôle aux frontières. La République démocratique du Congo fait face depuis plusieurs mois à une résurgence particulièrement meurtrière du virus, qui a déjà fait des milliers de victimes. La France, par l'intermédiaire de son agence sanitaire, collabore avec les autorités congolaises et l'Organisation mondiale de la santé pour endiguer la crise.