L'épidémie de virus Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) pourrait, si elle n'est pas rapidement contenue, rivaliser avec la pire flambée jamais enregistrée, celle de 2014-2016 en Afrique de l'Ouest. C'est la mise en garde formulée par la principale agence de santé américaine, dont les modélisations dessinent des scénarios préoccupants.

Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont publié un rapport détaillant plusieurs projections de l'évolution de l'épidémie. Selon Jason Asher, directeur du département de prévision et d'analyse des épidémies au sein de l'agence, ces travaux « ne sont pas là pour semer la panique » mais visent à alerter les autorités. « Sans interventions sanitaires fortes, les modélisations indiquent qu'une épidémie de cette ampleur est possible », a-t-il déclaré.

Des chiffres encore imprécis

Le principal défi pour les experts réside dans la difficulté à déterminer le nombre exact de personnes infectées. Ce chiffre reste « flou », reconnaît Satish Pillai, responsable de la réponse de l'agence à l'épidémie. Il estime néanmoins que le nombre total de cas se situe « dans la fourchette basse des scénarios » envisagés par les modèles. L'incertitude porte notamment sur les personnes nécessitant un isolement, dont le comptage est incomplet.

Bilans officiels

Les données disponibles font état de 64 décès confirmés en RDC pour 381 cas recensés, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En Ouganda voisin, un décès a été enregistré pour 16 cas confirmés. Ces bilans, actualisés régulièrement, demeurent provisoires et pourraient évoluer à mesure que la surveillance s'intensifie.

Comparaison avec l'épidémie de 2014-2016

L'agence américaine attire l'attention sur le précédent historique. La flambée d'Ebola qui avait frappé une partie de l'Afrique entre 2014 et 2016 avait causé environ 11 000 morts, selon l'OMS. Les CDC jugent qu'en l'absence de réponses sanitaires massives – semblables à celles déployées lors de cette crise – la situation actuelle pourrait prendre des proportions équivalentes.

Appels à la mobilisation

Le rapport des CDC intervient alors que plusieurs acteurs internationaux multiplient les appels à une action coordonnée. La semaine dernière, le prix Nobel Denis Mukwege avait qualifié la menace d'« extrêmement grave » et réclamé un cessez-le-feu dans les zones de conflit pour faciliter la réponse sanitaire. L'OMS avait également exhorté les pays voisins à renforcer leur vigilance et leurs capacités de détection. Les nouvelles projections américaines renforcent l'urgence de ces appels.