L'organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a tiré la sonnette d'alarme, ce lundi 15 juin 2026, sur la gestion de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC). Dans un communiqué, elle estime que « personne ne connaît l'ampleur réelle de l'épidémie » et critique la lenteur de la riposte sanitaire face à une propagation qui inquiète.

Une réponse tardive dénoncée

MSF pointe du doigt le retard pris dans la mise en œuvre des mesures de contrôle, en particulier dans les zones rurales les plus touchées. Selon l'ONG, ce délai a permis au virus de gagner du terrain, rendant la situation plus difficile à maîtriser. L'organisation appelle les autorités congolaises et les partenaires internationaux à accélérer leurs interventions, notamment en matière de surveillance épidémiologique et de déploiement de personnel soignant.

La défiance, un obstacle majeur

Les équipes de MSF sur le terrain rapportent que la méfiance des communautés locales envers les équipes médicales et les autorités constitue un frein considérable à la riposte. Des rumeurs, parfois infondées, circulent sur les traitements proposés ou les motivations des intervenants étrangers, alimentant la résistance aux mesures de confinement et aux campagnes de vaccination.

Cette défiance n'est pas nouvelle en RDC, où des précédentes épidémies d'Ebola avaient déjà été entravées par des croyances locales et des réticences à collaborer avec les équipes sanitaires. MSF insiste sur la nécessité d'impliquer davantage les leaders communautaires pour rétablir la confiance et faciliter le travail des soignants.

Un appel à la mobilisation

Face à l'aggravation de la crise, MSF exhorte les autorités congolaises et la communauté internationale à renforcer leur soutien logistique et financier. L'ONG souligne que les moyens actuels sont insuffisants pour faire face à une épidémie qui pourrait, selon certains experts, atteindre une ampleur comparable à celle de 2014 en Afrique de l'Ouest.

La RDC fait face à l'une de ses pires épidémies d'Ebola depuis l'apparition du virus dans le pays. Les provinces touchées peinent à contrôler les déplacements de population, ce qui favorise la dissémination du virus vers des zones jusque-là épargnées. Les appels à un cessez-le-feu dans les régions en proie aux violences armées se multiplient, afin de permettre aux équipes médicales d'accéder aux patients.