Visite de Tedros en Ouganda

Ce lundi, le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a effectué une visite en Ouganda, un pays frontalier de la province congolaise de l'Ituri, épicentre de la flambée épidémique d'Ebola déclarée le 15 mai. Cette mission intervient après un déplacement la semaine précédente dans la région minière de l'Ituri, où plus de 500 cas confirmés avaient déjà été recensés.

Louanges de l'OMS pour la réponse ougandaise

Au cours de sa visite, Tedros a exprimé son appréciation pour la réaction des autorités ougandaises face à l'épidémie. « Je suis en Ouganda, où le gouvernement a monté une réponse prompte et compétente à la flambée d'Ebola », a-t-il écrit. Selon lui, les mesures de dépistage aux postes-frontière ont permis de détecter les cas en provenance de la RDC, et les systèmes de surveillance, de test et de prise en charge des malades fonctionnent de manière soutenue. Le directeur général a précisé que 19 cas confirmés avaient été enregistrés en Ouganda, dont 14 chez des personnes arrivées de RDC et 5 chez des ressortissants ougandais. Deux personnes sont décédées, a-t-il indiqué, présentant ses condoléances à leurs proches.

Appel à une révision des restrictions de déplacement

Interrogé par un journaliste de Reuters sur la décision des autorités ougandaises, prise fin mai, de fermer leur frontière avec la RDC, Tedros a estimé que les restrictions généralisées de déplacement ne sont pas efficaces. « J'espère donc qu'ils (les autorités ougandaises) reconsidéreront cette mesure », a-t-il déclaré. Il a promis le maintien du soutien de l'OMS, en collaboration avec l'Africa CDC, pour lutter contre l'épidémie.

Position ougandaise et coordination transfrontalière

La secrétaire permanente du ministère ougandais de la Santé, le Dr Diana Atwine, a également commenté la visite. « Il (Tedros) est dans le pays pour évaluer l'état de préparation de l'Ouganda à répondre à la flambée d'Ebola en cours et pour soutenir les efforts visant à renforcer la coordination transfrontalière afin d'empêcher de nouvelles importations de cas d'Ebola depuis le Congo et de mettre fin à l'épidémie », a-t-elle expliqué.

Bilan actualisé des cas confirmés

Parallèlement, l'Africa CDC (Centres africains de contrôle et de prévention des maladies) a publié lundi des chiffres actualisés concernant les cas confirmés en laboratoire. L'agence panafricaine de santé publique fait état d'un total de 544 cas confirmés d'Ebola, dont 88 décès. Sur ce nombre, 515 cas proviennent de la seule province de l'Ituri. Ces données diffèrent légèrement de celles communiquées la veille par les autorités congolaises. Les chiffres confirmés sont, en raison des difficultés d'accès et de test dans cette région reculée et touchée par un conflit, inférieurs aux totaux réels et suspects.

Spécificités du virus et réponse internationale

Cette dix-septième épidémie en RDC depuis 1976 implique une souche relativement rare du virus Ebola, l'espèce Bundibugyo, pour laquelle il n'existe pas de vaccin reconnu. Si cette particularité complique le traitement, les données actuelles suggèrent une forme moins létale : le taux de létalité parmi les cas confirmés est inférieur à 20 %, alors que les épidémies passées affichaient souvent un taux supérieur à 50 %. L'amélioration des traitements, des méthodes de confinement et de détection pourrait également contribuer à ces chiffres. L'OMS et l'Africa CDC ont lancé vendredi un plan de 518 millions de dollars (environ 450 millions d'euros) pour lutter contre l'épidémie sur les six prochains mois.