Le patron de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a effectué une visite en Ouganda, pays frontalier de l'épicentre de l'épidémie d'Ebola dans la province congolaise de l'Ituri. Tedros Adhanom Ghebreyesus s'est félicité de la réaction des autorités ougandaises, qu'il a qualifiée de « prompte et capable ». Dans un message écrit, il a indiqué que les contrôles aux frontières avaient permis de détecter les cas arrivant de la République démocratique du Congo (RDC) voisine, et que la surveillance, les tests et la prise en charge des malades fonctionnaient de manière régulière.
19 cas confirmés en Ouganda, dont deux décès
Selon le chef de l'OMS, 19 cas confirmés d'Ebola ont été recensés en Ouganda. Quatorze d'entre eux concernent des personnes entrées depuis la RDC, tandis que cinq sont des citoyens ougandais. Deux personnes sont décédées. Tedros a présenté ses condoléances à leurs proches et promis un soutien continu de l'OMS, en collaboration avec l'agence sanitaire de l'Union africaine (Africa CDC), pour lutter contre l'épidémie.
Interrogé sur la décision de l'Ouganda de fermer sa frontière avec la RDC fin mai, le directeur général de l'OMS a estimé que les restrictions généralisées de déplacement ne fonctionnaient pas, espérant que les autorités ougandaises reconsidéreraient cette mesure.
Bilan actualisé : 544 cas confirmés, 88 morts
L'Africa CDC a publié lundi un nouveau décompte des cas confirmés en laboratoire. L'agence sanitaire africaine fait état de 544 cas confirmés d'Ebola et de 88 décès. Parmi ces cas, 515 proviennent de la province de l'Ituri en RDC. Ces chiffres diffèrent légèrement de ceux annoncés la veille par les autorités congolaises. Le nombre de cas confirmés est inférieur au nombre total de cas suspects, en raison des difficultés de dépistage dans cette région isolée et touchée par les conflits.
Cette épidémie, la 17e en RDC depuis 1976, implique l'espèce Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle il n'existe pas de vaccin reconnu. Si cela complique le traitement, le taux de létalité parmi les cas confirmés est inférieur à 20 %, ce qui est moins élevé que lors de précédentes flambées, où il dépassait souvent 50 %. L'amélioration des traitements, du confinement et des méthodes de détection pourrait également expliquer ces chiffres.
Plan de réponse à 518 millions de dollars
L'OMS et l'Africa CDC ont lancé vendredi un plan de 518 millions de dollars (environ 450 millions d'euros) pour lutter contre l'épidémie au cours des six prochains mois. La secrétaire permanente du ministère ougandais de la Santé, Diana Atwine, a précisé que la visite de Tedros visait à évaluer la préparation de l'Ouganda face à l'épidémie et à renforcer la coordination transfrontalière pour empêcher de nouvelles exportations de cas depuis la RDC et mettre fin à l'épidémie.