Un document officiel daté de la mi-juin, émanant du service antifraude du Parlement européen, pointe des irrégularités dans plusieurs contrats passés par le groupe parlementaire présidé par Jordan Bardella. Selon ce rapport, les prestataires concernés sont dirigés par des personnalités issues de la frange la plus radicale de l’extrême droite française, liées au réseau informel connu sous le nom de « GUD Connection ».

Les irrégularités portent sur des contrats attribués entre 2024 et 2025. Le rapport souligne que, malgré les enquêtes judiciaires déjà en cours et les déclarations publiques du Rassemblement national (RN) affirmant une prise de distance avec ces milieux, le parti continue d’alimenter financièrement cette galaxie dans des conditions jugées suspectes.

Ce nouveau document intervient alors que plusieurs investigations judiciaires sont ouvertes concernant l’utilisation de fonds européens par le RN et ses alliés. Le rapport antifraude apporte des éléments supplémentaires sur la persistance de ces liens, alors que la direction du RN s’était engagée à rompre avec les figures les plus extrémistes.

Le groupe parlementaire européen du RN, dirigé par Jordan Bardella, est au cœur de ces révélations. Le document ne précise pas le montant total des contrats incriminés, mais il confirme le maintien de relations financières opaques avec des acteurs issus de l’ultradroite. Le nom de Marine Le Pen, figure centrale du parti, apparaît également en filigrane dans ce réseau, bien que le rapport se concentre sur les activités du groupe présidé par Bardella.

Ce rapport pourrait nourrir les procédures en cours devant la justice française et européenne. Il met en lumière la difficulté du RN à se défaire de ses attaches historiques avec des mouvements radicaux, en dépit d’une stratégie de normalisation affichée depuis plusieurs années.