Le sommet du G7 qui se tient du 15 au 17 juin à Évian, sur les bords du lac Léman, s'annonce comme l'un des plus décisifs de ces dernières années. Les chefs d'État et de gouvernement des sept pays industrialisés doivent aborder trois sujets brûlants : la guerre au Moyen-Orient, le conflit en Ukraine et les tensions commerciales avec la Chine. L'enjeu principal pour le président français, Emmanuel Macron, est d'obtenir un consensus avec Donald Trump, dont les positions imprévisibles compliquent la recherche d'une position commune.

Priorité absolue : la réouverture du détroit d'Ormuz

Le premier objectif affiché par l'Élysée est l'arrêt des combats au Moyen-Orient et la réouverture du détroit d'Ormuz, voie stratégique pour le transport des matières premières énergétiques, des produits alimentaires et des engrais. « Il convient de s'assurer que nous pouvons, avec le président Trump, définir des objectifs communs et, d'abord, la réouverture d'Ormuz », a indiqué la présidence française jeudi. Les dirigeants du G7 souhaitent revenir à la situation antérieure à la guerre, garantissant la libre circulation des navires dans le détroit. Une coalition maritime pilotée par la France pourrait assurer cette mission après la cessation des hostilités. L'hypothèse d'un accord de paix imminent entre Washington et Téhéran était évoquée tout au long du week-end précédant le sommet.

L'Ukraine au cœur des discussions

Le deuxième dossier prioritaire concerne la guerre en Ukraine. Les dirigeants européens espèrent rallier Donald Trump à leur analyse selon laquelle le rapport de force sur le terrain penche désormais en faveur de l'Ukraine. Cette évolution ouvre, selon le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, la voie à des négociations de paix qui iraient au-delà des termes convenus lors du sommet Trump-Poutine en Alaska l'an dernier. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, doit participer mardi matin à une session de travail consacrée à son pays, en présence du président américain.

Des invités de poids pour élargir le consensus

Conscient que les sept pays industrialisés ne peuvent résoudre seuls les défis mondiaux, Emmanuel Macron a convié plusieurs puissances émergentes : l'Inde, le Brésil, la Corée du Sud et l'Égypte. Les dirigeants du Qatar, des Émirats arabes unis et d'Arabie saoudite ont également été invités. Cette approche vise à associer des acteurs clés aux discussions, notamment sur les questions commerciales avec la Chine.

Des tête-à-tête avec Donald Trump

Le président français doit s'entretenir avec Donald Trump lundi matin, avant l'ouverture officielle du sommet. Un dîner est également prévu mercredi soir au château de Versailles, après la clôture des travaux. Ces rencontres sont jugées cruciales pour tenter d'harmoniser les positions des deux pays sur les trois dossiers.

Les tensions commerciales avec la Chine en toile de fond

Au-delà des conflits armés, les divergences commerciales avec Pékin constituent le troisième déséquilibre majeur. Les discussions porteront sur les mesures à adopter pour protéger les industries des pays du G7 face aux pratiques chinoises, tout en évitant une escalade protectionniste.

Un agenda chargé dès lundi soir

Les travaux débutent dès lundi soir par un dîner des seuls chefs d'État et de gouvernement du G7, consacré aux trois sujets précités. L'hôtel Royal d'Évian sert d'écrin à ces réunions de haut niveau.

Les observateurs retiennent leur souffle : la capacité d'Emmanuel Macron à obtenir un consensus avec Donald Trump déterminera en grande partie le succès ou l'échec de ce sommet. Le locataire de la Maison-Blanche, connu pour ses positions changeantes, notamment sur le Moyen-Orient, reste l'inconnue majeure de ces trois jours de négociations intenses.