À une semaine de l'ouverture du sommet du G7 à Évian, la présidence française appelle les grandes puissances à renforcer leur coordination économique face à des déséquilibres qui menacent la stabilité mondiale. Trois risques majeurs se dégagent des analyses économiques récentes : l'excédent commercial chinois, les tensions commerciales américano-chinoises, et la faiblesse persistante de la demande intérieure chinoise.

Un excédent commercial chinois record

L'excédent commercial de la Chine a atteint 105,4 milliards de dollars en mai, porté notamment par les ventes de puces électroniques. Sur les cinq premiers mois de l'année, ce surplus, bien qu'en légère baisse, reste considérable et représente désormais 1 % du produit intérieur brut mondial, un niveau jamais enregistré. Selon des économistes de la banque ING, bien que l'excédent commercial ne dépasse probablement pas cette année le record de 1 180 milliards de dollars de l'an dernier, la demande extérieure demeure l'un des principaux moteurs de la croissance chinoise. En revanche, la demande intérieure du pays reste à la traîne, ce qui aggrave les déséquilibres économiques internationaux.

Ce déséquilibre est au cœur des préoccupations du G7. La France, qui préside le sommet, insiste sur la nécessité d'une coopération entre les pays en excédent — comme la Chine — et ceux en déficit — comme les États-Unis. Le président Emmanuel Macron a récemment pressé la Chine, les États-Unis et l'Europe de se coordonner sur un plan économique, lors d'une réunion par visioconférence qualifiée de « sommet mondial sur la convergence pour la croissance ».

Tensions commerciales et risques de récession

Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine restent un facteur de fragilité. Les droits de douane imposés par l'administration Trump sur les importations chinoises depuis 2018 et les mesures de rétorsion de Pékin continuent d'affecter les chaînes d'approvisionnement mondiales. Une nouvelle escalade est redoutée, qui pourrait entraîner une contraction du commerce mondial et peser sur la croissance.

Par ailleurs, le contexte géopolitique s'alourdit avec le conflit au Moyen-Orient. L'économie mondiale est désormais menacée d'une récession, selon plusieurs analyses récentes. Les frappes américaines et les ripostes de drones iraniens ont exacerbé les incertitudes, faisant grimper les prix de l'énergie et perturbant les routes commerciales. La Chine elle-même a appelé à « stopper l'escalade », soulignant l'urgence d'une désescalade régionale.

La demande intérieure chinoise : un frein persistant

Le troisième risque identifié est la faiblesse structurelle de la demande intérieure chinoise. Malgré des excédents commerciaux records, la consommation et l'investissement domestiques restent atones. Cette situation crée une dépendance excessive aux exportations et rend l'économie mondiale vulnérable à un ralentissement chinois. Les économistes d'ING soulignent que la demande intérieure chinoise est « à la traîne », ce qui limite la capacité de la Chine à rééquilibrer sa croissance et à contribuer à la stabilité mondiale.

La France, en tant que présidente du G7, cherche à promouvoir une « convergence pour la croissance », un concept qui vise à harmoniser les politiques économiques des grandes puissances pour réduire les déséquilibres. Le sommet d'Évian, prévu la semaine prochaine, devrait être l'occasion de discuter de ces trois risques et de rechercher des solutions coordonnées.

Enjeux et perspectives

Les discussions à Évian s'annoncent cruciales. Alors que l'inflation mondiale reste élevée et que les banques centrales maintiennent des taux d'intérêt élevés, la coopération internationale est jugée indispensable pour éviter une récession profonde. La France appelle à un engagement concret des États-Unis, de la Chine et de l'Europe pour stabiliser le commerce mondial et soutenir la croissance.

Cependant, les positions restent divergentes. Les États-Unis continuent de dénoncer les pratiques commerciales chinoises, tandis que la Chine insiste sur le respect de sa souveraineté économique. Le G7 d'Évian devra donc trouver un équilibre entre fermeté et dialogue pour faire face aux trois risques qui menacent l'économie mondiale.