Depuis le drame qui a coûté la vie à la petite Lyhanna, plusieurs voix se sont élevées pour réclamer des mesures législatives et disciplinaires. Parmi elles, celle de Grégory Bobbato, maire de Fleurance, se distingue par son ton direct et ses réserves quant aux réponses proposées.
Interrogé sur l'opportunité d'une nouvelle loi pour prévenir ce type de crimes, l'élu a estimé qu'« une énième loi ne réglera pas le problème ». Cette déclaration, livrée alors que le débat public s'enflamme sur les lacunes du système judiciaire, traduit une certaine lassitude face à ce que l'édile perçoit comme des solutions insuffisamment profondes.
Quelques jours plus tard, alors que des sanctions étaient annoncées à l'encontre de personnes impliquées dans le suivi de l'affaire, Grégory Bobbato a de nouveau pris la parole pour tempérer les espoirs placés dans ces mesures. « Un fusible, ce n'est pas la solution », a-t-il déclaré, semblant mettre en garde contre une logique de bouc émissaire qui, selon lui, ne s'attaquerait pas aux causes structurelles ayant permis le drame.
Un maire qui bouscule les habitudes
Ces interventions médiatiques soudaines ont contribué à forger l'image d'un maire « agité », pour reprendre le qualificatif employé dans une récente enquête de la presse nationale. Loin du profil discret que l'on attend parfois d'un édile d'une commune de taille modeste, Grégory Bobbato n'hésite pas à interpeller les autorités et à exprimer publiquement son désaccord.
À Fleurance, sous-préfecture du Gers d'environ 6 000 habitants, son style direct détonne. Certains habitants saluent sa franchise et son engagement, tandis que d'autres jugent ses prises de parole trop virulentes ou maladroites. Mais tous reconnaissent qu'il occupe désormais le devant de la scène dans un dossier qui dépasse largement les frontières de sa commune.
Des propos qui résonnent au-delà du Gers
Les déclarations de Grégory Bobbato interviennent dans un climat national particulièrement tendu autour de l'affaire Lyhanna. La mort de la fillette, dont le principal suspect est Jérôme Barella, a mis en lumière de possibles défaillances dans le traitement des plaintes déposées contre cet homme. Une inspection a été diligentée et ses conclusions ont provoqué des sanctions, sans toutefois apaiser la colère d'une partie de l'opinion.
En refusant de se satisfaire d'une « énième loi » ou de « fusibles », le maire de Fleurance rejoint les rangs de ceux qui réclament une refonte plus systémique des dispositifs de protection de l'enfance et de suivi judiciaire. Son positionnement, tout en nuances et en refus, illustre la difficulté pour les élus locaux à trouver des réponses satisfaisantes face à l'émotion suscitée par ce drame.