Plusieurs organisations féministes et de protection de l'enfance ont lancé un appel à une mobilisation nationale le samedi 4 juillet. Sous le slogan « Toutes et tous dans la rue pour Lyhanna et les autres victimes », cette initiative vise à exiger l'adoption d'une loi globale, dite intégrale, contre les violences sexuelles. Le rassemblement rend hommage à une collégienne dont le décès a profondément ému l'opinion publique et relancé le débat sur les lacunes du système législatif actuel.
Une mobilisation unitaire pour une loi-cadre
La Coalition féministe et enfantiste pour une loi intégrale, qui regroupe de nombreuses associations, orchestre cette journée d'action. Elle appelle les citoyens à se rassembler lors de « grandes marches » dans plusieurs villes du territoire. L'objectif est de faire pression sur les pouvoirs publics pour qu'ils adoptent un texte cohérent et global, capable de prévenir les violences, de protéger les victimes et de punir les agresseurs. Les organisations dénoncent une approche fragmentée et insuffisante des violences sexuelles, qui laisse de nombreuses victimes sans recours effectif.
Le drame de Lyhanna, une adolescente retrouvée morte après avoir subi des violences, a cristallisé la colère et l'incompréhension. Son nom est devenu un symbole pour les militantes et militants qui estiment que la loi doit être réformée en profondeur. Plusieurs personnalités engagées, comme la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, la porte-parole de l'association « Osez le féminisme » Suzy Rojtman, ou encore la présidente de la Fondation des Femmes Anne-Cécile Mailfert, ont pris la parole pour soutenir cette revendication. Des voix alertent notamment sur le fait que près de 30 % des femmes seraient victimes de harcèlement sexuel au travail, un chiffre qui illustre l'ampleur du phénomène.
Des revendications de longue date
L'idée d'une loi-cadre contre les violences sexuelles n'est pas nouvelle. Suzy Rojtman a rappelé que dès 2006, des propositions en ce sens avaient été formulées sans aboutir. Les associations estiment que le temps des discours est révolu et qu'une action législative forte et cohérente est désormais urgente. Anne-Cécile Mailfert a appelé les responsables politiques à cesser ce qu'elle qualifie de « négociations de marchands de tapis » sur un sujet aussi grave. Arnaud Gallais, cofondateur du collectif « Les enfants d'Abord », a souligné un « moment exceptionnel » de convergence entre les luttes féministes et enfantistes, favorable à un changement d'ampleur. Ramata Kapo, présidente de l'association « Les Maternelles », a pour sa part insisté sur le caractère universel des violences, qui « n'ont pas de couleur, n'ont pas de territoire ».
En parallèle des marches, la Coalition a mis en place une série d'articles et de prises de parole pour expliquer les enjeux de cette mobilisation. Les participantes appellent à une large participation afin de démontrer que la société française ne tolère plus l'inaction face à ce fléau. Elles demandent que la future loi intègre des mesures de prévention dès le plus jeune âge, un accompagnement renforcé des victimes, et des sanctions pénales adaptées à la gravité des faits.