Un espoir de guérison pour l’hépatite B
L’hépatite B, infection virale chronique du foie, est longtemps restée incurable : les traitements disponibles contrôlent la réplication du virus sans parvenir à l’éliminer complètement. Un essai clinique récent pourrait changer la donne. Le bepirovirsen, un nouveau médicament expérimental, a permis à des patients d’atteindre ce que les spécialistes appellent une « guérison fonctionnelle », c’est-à-dire la disparition des symptômes et une charge virale si faible qu’elle devient quasi indétectable, sans recours continu aux antiviraux.
Comment fonctionne le bepirovirsen ?
Le bepirovirsen appartient à la classe des oligonucléotides antisens. Son principe actif bloque la production de protéines virales en se fixant sur l’ARN messager du virus. Cela réduit la capacité de l’hépatite B à se multiplier et à maintenir l’infection dans les cellules du foie. À la différence des analogues nucléosidiques (comme le ténofovir ou l’entécavir), qui ne font que stopper la réplication virale, le bepirovirsen attaque directement le processus de production du virus.
Résultats de l’essai clinique
L’étude, menée sur plusieurs centaines de patients atteints d’hépatite B chronique, a montré qu’après un traitement de 24 semaines par bepirovirsen, une proportion significative des participants présentait une charge virale indétectable et des marqueurs sérologiques de guérison fonctionnelle. Ces patients ont pu arrêter leur traitement antiviral de fond sans que le virus ne réapparaisse. Les effets secondaires rapportés sont majoritairement légers à modérés : réactions au point d’injection, élévation passagère des enzymes hépatiques et syndromes pseudo-grippaux. Aucun effet indésirable grave n’a été attribué au médicament dans cette phase d’essai.
Une avancée majeure, mais des questions persistent
Les chercheurs soulignent que tous les patients ne répondent pas au bepirovirsen : le taux de guérison fonctionnelle, bien que prometteur, n’atteint pas 100 %. Une partie des participants a vu son infection réapparaître après l’arrêt du traitement. Les travaux se poursuivent pour identifier les facteurs prédictifs de réponse et pour explorer des combinaisons, notamment avec des immunomodulateurs, afin d’augmenter l’efficacité.
Impact potentiel sur la santé publique
L’hépatite B touche environ 257 millions de personnes dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé. Elle est une cause majeure de cirrhose et de carcinome hépatocellulaire. L’arrivée d’un traitement curatif réduirait le fardeau de la maladie et les coûts associés aux soins chroniques et aux complications. Les associations de patients saluent cette avancée tout en appelant à une poursuite rapide des essais pour confirmer la sécurité et l’efficacité à long terme.
Prochaines étapes
L’essai clinique de phase 2b a ouvert la voie à des études de phase 3, nécessaires avant une éventuelle demande d’autorisation de mise sur le marché. Le laboratoire développant le bepirovirsen a annoncé son intention de lancer ces études dans plusieurs pays, dont la France. Si les résultats se confirment, le bepirovirsen pourrait devenir le premier traitement capable de guérir fonctionnellement l’hépatite B, une révolution pour des millions de patients.