Jugement rendu à Vesoul
La cour d'assises de Haute-Saône a prononcé une peine de 25 ans de réclusion criminelle à l'encontre d'une femme de 61 ans, jeudi 28 mai, à l'issue de trois jours de débats. Mireille Hennequin a été reconnue coupable du meurtre de son ancien compagnon, Jean René Imouza Ichiza, perpétré le 11 janvier 2024 à son domicile de Vesoul.
Selon les éléments versés au dossier, une altercation violente avait éclaté ce soir-là entre les deux ex-partenaires. L'accusée, qui aurait elle-même reçu une trentaine de coups au visage, s'était rendue dans la cuisine pour se saisir d'un couteau avant de frapper l'homme à sept reprises. Les coups portés au thorax ont provoqué une hémorragie massive, cause du décès établie par l'autopsie.
Des antécédents judiciaires et une vidéo au cœur des débats
L'accusée, décrite comme marginalisée et présentant une dépendance à l'alcool, comptait 18 mentions à son casier judiciaire, dont une précédente condamnation pour des violences réciproques avec la même victime. Son avocate, Emilie Breitner, avait plaidé la légitime défense, tandis que l'avocate générale avait requis 30 ans de réclusion assortis d'une période de sûreté de 18 ans.
Un élément a pesé dans le jugement : une caméra installée par la victime dans son logement a filmé la scène. L'avocat des parties civiles, Julien Vernet, a souligné que la vidéo permettait d'établir clairement le déroulement des faits. Il a également évoqué le comportement de l'accusée après le passage à l'acte : elle aurait craché sur le corps sans vie et proféré des insultes à connotation raciale, qualifiés de « geste abject » par l'avocat.
La défense de l'ex-concubine, des enfants et des petits-enfants de Jean René Imouza Ichiza était assurée par Me Vernet, qui a décrit la victime comme un homme « qui avait le cœur sur la main ».
Une relation marquée par la toxicité
Les témoignages et expertises ont mis en lumière une relation amoureuse complexe et toxique entre l'accusée et la victime. Mireille Hennequin a tenté d'expliquer durant l'audience qu'elle avait réagi aux violences subies de la part de son ex-compagnon. La cour n'a cependant pas retenu l'argument de la légitime défense, infligeant une lourde peine proche des réquisitions du ministère public.