L'agence américaine de l'immigration et des douanes (ICE) a annoncé la suspension de ses opérations de contrôle routier après la mort d'un deuxième homme abattu par ses agents en moins d'une semaine. La décision intervient alors que les témoignages de l'affaire de Houston jettent un éclairage nouveau sur les circonstances du premier drame.
Le second incident s'est produit à Biddeford, dans l'État du Maine, où un livreur colombien de 26 ans a été tué par un agent de l'ICE. Selon les premiers éléments, il aurait été confondu avec la personne visée par un mandat d'arrêt. Ces deux fusillades successives attisent les critiques contre la politique de reconduite à la frontière menée par l'administration américaine.
Dans le quartier de Magnolia Park à Houston, l'émotion reste vive après la mort de Lorenzo Salgado Araujo, père de trois enfants et constructeur de maisons. Un tir mortel a été effectué à travers la vitre avant ouverte du passager, selon les témoins et les proches de la victime. La représentante Sylvia Garcia, qui s'est entretenue avec les occupants du véhicule, a rapporté que les agents ne s'étaient pas identifiés avant de faire feu. L'avocate Ruby Powers, qui défend le frère de la victime, a indiqué que les hommes à bord ignoraient qu'ils étaient poursuivis par les forces de l'ordre.
Cette version contredit la thèse initiale des autorités, selon laquelle le conducteur aurait utilisé son véhicule comme une arme. Les agents impliqués n'étaient pas équipés de caméras, a précisé l'ICE. La famille de Lorenzo Salgado Araujo, arrivé du Mexique il y a trente-cinq ans, a engagé des poursuites judiciaires pour faire la lumière sur ce décès. Ronaldo Salgado, l'un de ses fils, a réclamé une enquête indépendante et la restitution du fourgon.
L'annonce de la suspension des contrôles routiers par l'ICE constitue une première reconnaissance des défaillances opérationnelles. Des voix s'élèvent pour demander le retrait des agents des missions de rue, estimant que la méthode repose sur la peur et l'intimidation. Le deuil, à Magnolia Park, reste discret mais intense : des ouvriers viennent en silence se recueillir devant le mémorial improvisé, déposant des rosaires et des bougies.