L'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a publié une étude qui établit un lien direct entre les inégalités sociales et la mortalité observée lors des épisodes de fortes chaleurs. Les chercheurs de l’Inserm ont dressé un inventaire des effets du changement climatique sur la santé humaine, en couvrant l’ensemble des tranches d’âge, et ont proposé des solutions locales pour atténuer ces risques. Ce travail, rendu public le 6 juillet 2026, intervient alors que la multiplication des vagues de chaleur intenses accroît la pression sur les systèmes sanitaires.
Selon les conclusions de l’étude, les populations les plus vulnérables – notamment celles vivant dans des logements mal isolés, dépourvues d’accès à la climatisation ou exposées à des environnements urbains peu végétalisés – subissent de manière disproportionnée les conséquences mortelles des canicules. L’Inserm souligne que les écarts de revenus, de qualité de l’habitat et d’accès aux soins amplifient le risque de décès prématuré lors des pics de chaleur. Les travaux examinent également les répercussions à long terme du réchauffement sur la santé, telles que l’aggravation des maladies cardiovasculaires, respiratoires et rénales, ainsi que les troubles liés à la déshydratation et aux coups de chaleur.
Face à ce constat, les auteurs de l’étude préconisent des mesures d’adaptation localisées. Parmi les pistes évoquées figurent l’amélioration de l’isolation thermique des logements, la création d’îlots de fraîcheur en milieu urbain, le renforcement des systèmes d’alerte précoce et la mise en place de filets de protection sociale ciblés pour les personnes âgées, les nourrissons et les travailleurs en extérieur. L’Inserm insiste sur la nécessité d’intégrer ces leviers dans les politiques publiques de santé et d’aménagement du territoire, afin de réduire les inégalités face aux risques climatiques.
Cette analyse intervient dans un contexte où le nombre de journées de chaleur humide dangereuse a doublé en un demi-siècle à l’échelle planétaire, selon des travaux antérieurs. En Europe, le rapport Lancet Countdown 2026 a déjà alerté sur l’aggravation de la menace sanitaire liée aux canicules, tandis qu’en France, des associations comme Oxfam ont estimé à plus de 5 000 le nombre annuel de décès imputables à la chaleur. L’étude de l’Inserm ajoute une dimension sociale à ces chiffres, en montrant que les victimes ne sont pas réparties au hasard mais suivent les lignes de fracture des inégalités.