Le candidat de La France insoumise à l'élection présidentielle de 2027 a précisé, samedi 27 juin, les orientations qu'il entend donner à la politique étrangère française s'il est élu. Lors d'un colloque organisé par l'Institut La Boétie, un cercle de réflexion proche de son mouvement, Jean-Luc Mélenchon a exposé son concept de « non-alignement coopératif », dont le premier volet consiste à quitter l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan).

Selon le leader insoumis, la France ne doit pas rester membre de l'alliance atlantique ni rejoindre de nouvelles coalitions militaires, notamment celles formées avec l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni pour faire face à la zone Asie-Pacifique. En revanche, il se dit favorable au maintien d'accords de défense bilatéraux avec les autres États membres de l'Union européenne. Ce rejet de l'Otan s'accompagne d'une défiance affichée envers les enceintes restreintes de la diplomatie mondiale : il a critiqué « la diplomatie des clubs fermés », citant le G7 et le G20, et a plaidé pour une réforme de l'ONU qu'il souhaite « renouvelée ».

Rapprochement stratégique avec Pékin

Un deuxième axe majeur du discours de Jean-Luc Mélenchon concerne la Chine. Il a appelé à « une politique de coopération renforcée » avec Pékin, estimant que l'époque est au « déclin des États-Unis d'Amérique », ce qui ouvre selon lui un espace pour un nouvel équilibre international. Pour le candidat, « le non-alignement coopératif signifie d'abord de discuter avec ceux avec qui on ne discute pas, et de refuser absolument la politique de confrontation violente avec la Chine ». Il a également soutenu que la montée en puissance économique chinoise ne s'est « pas accompagnée de pratiques impérialistes », une assertion qui le distingue de ses concurrents.

Position sur le conflit ukrainien

Sur la guerre en Ukraine, Jean-Luc Mélenchon a réaffirmé sa volonté d'engager dès que possible des pourparlers avec Moscou. Il conditionne ces discussions à un retrait des forces russes du territoire ukrainien et à l'obtention de « garanties mutuelles sur la suite des événements ». Il n'exclut pas « des changements de tracé de frontières », à condition qu'ils interviennent « avec l'accord des populations ». Il a par ailleurs nuancé la responsabilité de la Russie dans le déclenchement du conflit, affirmant que celui-ci « a été en large partie créé par ceux-là mêmes qui aujourd'hui en déplorent les conséquences ».

Ce programme, qui rompt avec les positions traditionnelles de la France au sein de l'Otan et avec ses partenaires européens, devrait nourrir le débat dans la campagne présidentielle qui s'ouvre.