Le président bolivien Rodrigo Paz a dévoilé un ensemble de réformes destinées aux secteurs minier et des hydrocarbures, quelques jours après la levée des barrages routiers qui paralysaient le pays depuis près de deux mois. Cette annonce intervient alors que le Parlement avait approuvé le 21 juin le décret d'état d'exception, permettant le déploiement de l'armée pour rétablir la libre circulation sur les axes stratégiques.

Les protestations, qui ont duré 53 jours, avaient été marquées par des blocages de routes, des affrontements avec les forces de l'ordre et des perturbations économiques majeures. Dans l'est du pays, notamment autour de Santa Cruz, des échanges de tirs avaient blessé plusieurs policiers. Le gouvernement avait initialement accusé un ex-dirigeant fugitif d'attiser la crise, avant de recourir à des mesures exceptionnelles.

Un plan de relance industrielle

Dans son discours, Rodrigo Paz a insisté sur la nécessité de moderniser l'exploitation minière et d'accroître la production d'hydrocarbures pour répondre aux revendications des manifestants et relancer l'économie nationale. Si les détails précis des mesures n'ont pas été rendus publics, le chef de l'État a évoqué des incitations à l'investissement, une réforme du cadre réglementaire et un dialogue renforcé avec les communautés locales et les syndicats.

Ces annonces s'inscrivent dans la volonté du gouvernement de tourner la page d'une des crises sociales les plus longues de la dernière décennie. Les blocages avaient entraîné des pénuries de carburant et de denrées alimentaires dans plusieurs régions, ainsi qu'une chute de l'activité économique. La levée des barrages, effective depuis le 21 juin, a été suivie du retour progressif à la normale sur les routes.

Un contexte politique apaisé

L'approbation parlementaire de l'état d'exception avait donné au pouvoir exécutif des prérogatives élargies pour sécuriser les axes de transport et démanteler les barricades. Des blindés et des bulldozers avaient été déployés par l'armée pour forcer le passage. Malgré quelques tensions résiduelles, aucun incident majeur n'a été signalé depuis la levée des barrages.

Avec ces réformes, Rodrigo Paz cherche à consolider un fragile consensus social et à éviter une résurgence des mouvements de contestation. Les organisations à l'origine des protestations n'ont pas encore réagi officiellement aux propositions présidentielles. Toutefois, la reprise du dialogue est perçue comme un signe d'apaisement.

Les secteurs minier et des hydrocarbures représentent une part cruciale de l'économie bolivienne. Leur remise à niveau est considérée comme prioritaire pour assurer une croissance stable et réduire les inégalités régionales. Le gouvernement entend désormais accélérer les investissements et améliorer la gouvernance des ressources naturelles.