Environ 15 000 ressortissants malawites ont quitté l'Afrique du Sud au cours des derniers jours, à quelques heures de manifestations annoncées contre les immigrés. Ce départ massif intervient dans un contexte de montée des violences xénophobes et d'un ultimatum lancé par des groupes hostiles aux étrangers, exigeant leur départ du pays.

Le chiffre de 15 000 départs a été rendu public alors que des rassemblements sont prévus dans plusieurs villes sud-africaines, notamment à Johannesburg et Durban. Les autorités redoutent des débordements, après plusieurs semaines de tensions et d'incidents violents ayant ciblé des communautés étrangères, en particulier des ressortissants du Malawi, du Zimbabwe et du Mozambique.

De nombreux Malawites ont choisi de regagner leur pays par leurs propres moyens, tandis que d'autres ont été aidés par des associations ou des transporteurs privés. Des témoins rapportent des scènes d'affluence aux postes-frontières et dans les gares routières, où des familles entières tentent de fuir.

Cet exode s'inscrit dans une escalade de la rhétorique anti-migrants en Afrique du Sud, où des mouvements nationalistes et des groupes d'auto-défense appellent à des actions directes contre les étrangers. Le gouvernement sud-africain a déployé des forces de l'ordre supplémentaires dans les zones sensibles, mais la situation reste tendue.

Le Malawi, de son côté, a exprimé son inquiétude face à la situation et a appelé ses ressortissants à la prudence. Des responsables malawites ont indiqué suivre de près l'évolution des événements et se tenir prêts à apporter une assistance consulaire.

Les organisations de défense des droits de l'homme dénoncent une nouvelle vague de xénophobie et appellent les autorités sud-africaines à protéger les populations vulnérables. L'ONU a également exprimé sa préoccupation, rappelant l'obligation des États de garantir la sécurité de tous les résidents, quelle que soit leur nationalité.

Alors que les manifestations anti-immigrés doivent se dérouler dans les prochaines heures, les regards sont tournés vers la capacité des autorités à prévenir de nouveaux actes de violence et à assurer le respect de l'ordre public.