Jean-Michel Aulas a annoncé ce mercredi avoir démissionné de son mandat de vice-président de la Métropole de Lyon, mettant fin à plusieurs semaines de turbulences. Cette annonce intervient après que la collectivité a suspendu ses délégations et celles de deux autres élus dans le cadre d’une affaire de violences sexuelles.

Démission confirmée

Dans un communiqué transmis à plusieurs médias, Jean-Michel Aulas a indiqué avoir adressé sa lettre de démission à la présidente de la Métropole. Il précise avoir pris cette décision afin de « ne pas perturber le fonctionnement de la collectivité ». Cette annonce met un terme à son mandat de vice-président chargé notamment du rayonnement économique et de l’attractivité du territoire.

Contexte de l’affaire

Les faits remontent au mois de mai dernier, lorsqu’une plainte pour viol a été déposée contre un ex-conseiller de l’élu. L’enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Lyon. Dans la foulée, la présidente de la Métropole avait demandé à Jean-Michel Aulas de se mettre en retrait de ses fonctions exécutives. La suspension de ses délégations avait été officialisée le 13 juin dernier, en même temps que celle de deux autres élus de la majorité.

Une affaire aux multiples rebondissements

L’affaire a connu plusieurs épisodes depuis le début du mois. Après la plainte, Jean-Michel Aulas avait annoncé se retirer du conseil municipal de Lyon, une décision qu’il avait justifiée par la volonté de « protéger la majorité municipale ». Il avait alors évoqué des accusations de « non-assistance à personne en danger » en lien avec le dépôt de la plainte. L’élu avait nié toute implication personnelle dans les faits reprochés à son ex-conseiller.

Des militants et des citoyens interpellent

Plusieurs associations féministes et collectifs de citoyens avaient appelé la présidente de la Métropole à prendre des mesures plus fermes. Selon des témoins, l’ambiance était devenue très tendue lors des dernières séances du conseil métropolitain, avec des échanges vifs et des portes claquées. Une « fausse appendicite » avait même été évoquée par des proches de l’élu pour expliquer son absence à une réunion clé, détail rapporté par plusieurs sources concordantes.

Les deux autres élus toujours suspendus

Les deux élus suspendus en même temps que Jean-Michel Aulas n’ont pas, à ce stade, annoncé leur démission. Leur situation reste donc en suspens. Leurs noms n’ont pas été officiellement communiqués par la collectivité, mais des sources proches du dossier indiquent qu’il s’agit de deux conseillers métropolitains impliqués dans des faits distincts de violences sexuelles, faisant l’objet d’enquêtes séparées.

Réactions politiques

La présidente de la Métropole, de la majorité écologiste, a salué la décision de Jean-Michel Aulas, estimant qu’elle permettait de « tourner une page douloureuse ». Dans un communiqué, elle a réaffirmé sa détermination à « lutter sans concession contre toutes les formes de violences sexuelles et sexistes au sein de la collectivité ». Plusieurs élus d’opposition ont demandé qu’une inspection générale soit diligentée pour vérifier les procédures internes en matière de signalement et de traitement des plaintes.

Prochaines étapes

La Métropole de Lyon doit organiser une élection partielle pour remplacer Jean-Michel Aulas à son poste de vice-président. Selon le règlement intérieur, ce scrutin devrait avoir lieu lors de la prochaine séance du conseil métropolitain, prévue dans les semaines à venir. D’ici là, la collectivité fonctionnera avec un vice-président délégué intérimaire.

Jean-Michel Aulas, âgé de 76 ans, était une figure centrale du paysage économique et sportif lyonnais, ayant présidé l’Olympique lyonnais de 1987 à 2023. Il avait été élu sur la liste de la majorité présidentielle lors des élections métropolitaines de 2020.