Retrait des délégations pour trois élus municipaux

La Métropole de Lyon a officialisé le retrait des délégations de Jean-Michel Aulas, ancien dirigeant de l'Olympique lyonnais, ainsi que de deux autres élus du conseil municipal. Cette décision, prise par la présidente de la métropole, fait suite à une plainte pour viol déposée contre un ex-cadre de la campagne de M. Aulas. La plaignante, qui avait travaillé pour cette campagne, accuse également les trois élus de non-assistance à personne en danger, estimant qu'ils n'ont pas réagi après avoir été informés des faits présumés.

Les deux autres conseillers concernés, dont les noms n'ont pas été divulgués dans l'immédiat, se voient également privés de leurs attributions. Aucune précision n'a été donnée sur la durée de cette mesure, qui intervient alors que l'enquête judiciaire se poursuit.

Un contexte marqué par des accusations de non-assistance

Jean-Michel Aulas avait annoncé quelques jours plus tôt son retrait volontaire du conseil municipal de Lyon, en attendant que la justice fasse la lumière sur les faits. Il était visé par une accusation de non-assistance à personne en danger, formulée par la même plaignante qui a porté plainte pour viol. Celle-ci affirme que M. Aulas et les deux autres élus avaient été informés des agissements présumés de l'ex-cadre sans intervenir.

L'ex-cadre de campagne, dont l'identité n'a pas été révélée, fait l'objet d'une plainte pour viol. Les faits remonteraient à la période de la campagne électorale municipale de 2026, durant laquelle Jean-Michel Aulas était candidat à la mairie de Lyon.

Une décision politique forte de la présidente de la Métropole

La présidente de la Métropole de Lyon a justifié cette décision par la nécessité de préserver la sérénité des institutions et de respecter les victimes présumées. « Dans l'attente des conclusions de la justice, il est indispensable que les élus mis en cause dans cette affaire ne conservent pas de responsabilités exécutives », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Cette mesure est sans précédent dans l'histoire récente de la collectivité, qui gère des compétences majeures comme les transports, le logement ou le développement économique. Jean-Michel Aulas, figure emblématique du sport et des affaires à Lyon, occupait jusqu'alors des délégations liées à l'économie et à l'innovation.

Réactions et suites judiciaires

Les avocats de Jean-Michel Aulas ont indiqué que leur client « prend acte » de cette décision et qu'il continuera à coopérer avec la justice. Ils rappellent que M. Aulas conteste toute faute et qu'il s'est mis en retrait de lui-même dès l'ouverture de l'enquête préliminaire.

La plaignante, par la voix de son conseil, a salué une « décision nécessaire » mais a appelé à ne pas se limiter à une simple sanction administrative. « Ce qui est en cause, c'est la responsabilité de ceux qui ont choisi de se taire face à des violences graves », a-t-elle souligné.

L'enquête préliminaire, ouverte par le parquet de Lyon, se poursuit. Aucune mise en examen n'a été prononcée à ce stade. Les auditions des différents protagonistes sont attendues dans les prochaines semaines.