La crise politique née de l’affaire Abreu connaît un nouveau rebondissement. La présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, a officialisé le retrait temporaire des délégations de l’ancien président de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas et de deux autres vice-présidents, Laure Cédat et Emmanuel Imberton. La mesure, prise en concertation avec les trois élus, est prévue pour une durée de trois mois.
Cette décision fait suite à la révélation, quelques jours plus tôt, du dépôt d’une plainte pour viol par soumission chimique à l’encontre de Romain Abreu, qui fut conseiller politique et directeur de la communication de Jean-Michel Aulas lors de la campagne municipale de 2025. La plaignante, une jeune militante, affirme que les faits se seraient déroulés en janvier dans une chambre d’hôtel, et qu’elle en aurait informé le candidat Aulas et plusieurs de ses proches dès le mois de février. Le mis en cause, par la voix de son avocate, conteste « toute accusation ».
Un compromis après des tensions
Dans les jours qui ont suivi la révélation de la plainte, Véronique Sarselli avait exigé la mise en retrait des trois vice-présidents de leurs fonctions représentatives. Jean-Michel Aulas avait dans un premier temps rejeté cette demande. Il avait toutefois annoncé, le vendredi précédant l’annonce, son retrait de son poste de principal opposant au maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet.
L’accord final, signé vendredi en fin d’après-midi, a été présenté comme une « mise en retrait temporaire de délégation ». Dans un message adressé tard dans la soirée aux autres élus, Véronique Sarselli a remercié les trois vice-présidents « d’avoir pris leurs responsabilités », tout en déplorant ne pas avoir été informée de l’affaire en temps utile. Elle a également reproché à Jean-Michel Aulas et Laure Cédat de ne pas avoir signalé les faits à la justice et d’avoir maintenu le conseiller en poste « jusqu’à la fin de la campagne ».
Un malaise au sein de l’institution
La présidente de la Métropole a justifié sa décision par la nécessité de « garantir l’exemplarité et le fonctionnement de l’institution métropolitaine qui est plongée en plein malaise ». Elle a précisé que la loi ne lui permettait pas de démettre les élus de leur mandat, et qu’elle n’en avait jamais eu la volonté.
Cette affaire intervient dans un contexte politique tendu pour la Métropole de Lyon, présidée depuis mars par Véronique Sarselli (LR), qui a succédé à l’écologiste Bruno Bernard. Jean-Michel Aulas, premier vice-président de la collectivité depuis cette élection en vertu de son alliance avec la nouvelle présidente, se retrouve au cœur d’une tourmente qui fragilise l’exécutif métropolitain.