Face aux ambitions déclarées de plusieurs figures du Parti travailliste, le Premier ministre britannique, Sir Keir Starmer, a fait savoir à ses soutiens qu'il se porterait candidat en cas de déclenchement d'une course à la direction du parti. Cette position marque un durcissement de son attitude, alors que des interrogations pesaient jusqu'ici sur sa volonté de se maintenir.
Une détermination renforcée par les déclarations de Burnham
Jusqu'à récemment, le chef du gouvernement et ses alliés se contentaient d'indiquer qu'il ne quitterait pas ses fonctions en cas de scrutin interne, sans toutefois préciser s'il y participerait activement. Toutefois, après que le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, a annoncé son intention de se présenter à une éventuelle compétition, la position de Sir Keir s'est durcie. Le Premier ministre, qui estime qu'une telle élection plongerait le pays dans le chaos, a rappelé avoir remporté une large majorité il y a deux ans et dispose d'un mandat qu'il entend mener à bien.
Des concurrents déclarés et une pression croissante
Plusieurs personnalités travaillistes, dont l'ancien secrétaire d'État à la Santé, Wes Streeting, et Andy Burnham, sont en embuscade. Des dizaines de députés travaillistes auraient exhorté le Premier ministre à démissionner, alimentant des semaines de spéculations. Le sort de cette contestation dépendra en grande partie du résultat de l'élection partielle de Makerfield, prévue le 18 juin, qu'Andy Burnham doit remporter pour pouvoir se présenter à la direction du parti.
Les règles du jeu
En tant que chef du parti en exercice, Sir Keir Starmer serait automatiquement inscrit sur le bulletin de vote soumis aux membres du Labour. Cela signifie que toute contestation pourrait prendre la forme d'une compétition interne. Wes Streeting a confirmé qu'il participerait à une éventuelle course et a encouragé les électeurs à soutenir Andy Burnham dans la circonscription de Makerfield, affirmant souhaiter une « véritable compétition avec les meilleurs candidats sur le terrain ».
Un contexte électoral difficile
La pression sur le Premier ministre s'est accrue après une série de résultats électoraux historiquement mauvais pour le Labour le mois dernier. Le parti a perdu le contrôle du Senedd gallois ainsi que près de 1 500 conseillers municipaux en Angleterre. Dans la foulée, Wes Streeting et plusieurs ministres subalternes ont démissionné du gouvernement. Andy Burnham, considéré comme le favori en cas de course à la direction, a profité de cette situation pour viser un retour à Westminster via l'élection partielle dans le nord-ouest de l'Angleterre.
Les prochaines étapes
Aucune contestation n'a encore été formellement déclenchée, mais les déclarations de MM. Streeting et Burnham, conjuguées à la détermination affichée de Sir Keir, laissent entrevoir une bataille interne qui pourrait redéfinir l'avenir du Parti travailliste et du gouvernement britannique.