Une proposition réitérée depuis le Bureau ovale

Pour la seconde fois en l'espace de quelques jours, le président américain Donald Trump a relancé le débat sur la redistribution des richesses générées par l'intelligence artificielle. Interrogé mercredi dans le Bureau ovale, il a indiqué qu'il prévoyait d'organiser prochainement une réunion avec les dirigeants des « douze ou quinze » plus grandes entreprises du secteur afin de discuter de la possibilité que ces dernières « rendent quelque chose au public ». Selon lui, « si nous faisons cela, le public deviendra très riche ». Ces propos font écho à ceux tenus vendredi, où pour la première fois il s'était interrogé sur l'acquisition par l'État américain de participations dans les sociétés d'IA, participations qui « pourraient être données au public américain ».

Une idée qui gagne du terrain à Washington

Si les modalités concrètes d'une telle opération restent floues et qu'aucune date de rencontre n'a été fixée, le chef de l'État a clairement attisé les tensions sur un sujet qui monte en puissance dans les cercles politiques et économiques de la capitale. Cette proposition s'inscrit dans un contexte de méfiance croissante envers les grandes entreprises technologiques et leurs pratiques.

Le sénateur indépendant du Vermont, Bernie Sanders, a d'ailleurs proposé ce mois-ci l'instauration d'une taxe unique de 50 % sur les entreprises d'IA, payable en actions. Son argument principal est que ces technologies sont bâties sur l'intelligence collective de l'humanité — chansons, codes informatiques, recherches scientifiques, vidéos — et donc que les profits doivent être partagés avec l'ensemble de la société.

Les enjeux d'une manne technologique

La Silicon Valley semble en effet au bord d'une nouvelle vague de création de richesse sans précédent grâce à l'IA. Cependant, les craintes d'un impact négatif sur l'emploi sont également vives. De nombreux experts du secteur redoutent que cette révolution technologique ne supprime des postes chez les cols blancs, allant des programmeurs les mieux payés aux comptables travaillant dans les services supports. Ces inquiétudes alimentent la pression sur le gouvernement pour qu'il intervienne et garantisse une répartition plus équitable des bénéfices de l'IA.

Des précédents et des inconnues

L'idée d'un État actionnaire d'entreprises privées n'est pas entièrement nouvelle aux États-Unis, mais elle reste hautement controversée. Le débat est désormais lancé, et la prochaine réunion entre Donald Trump et les patrons de l'IA sera scrutée de près, tant pour les annonces qui pourraient en sortir que pour les réactions du secteur, traditionnellement réticent à toute forme d'ingérence étatique.