Le parquet a ouvert une enquête pénale pour travail dissimulé à l'encontre de Shiva, enseigne spécialisée dans le ménage à domicile. Les investigations, confiées à la police, portent sur des soupçons d'emploi non déclaré de salariés via la plateforme.

Les autorités judiciaires cherchent à déterminer si la société a eu recours à des travailleurs sans les déclarer auprès des organismes sociaux, contournant ainsi les obligations légales en matière de cotisations et de droits des employés. Selon les premiers éléments de l'enquête, plusieurs signalements ont été effectués par d'anciens salariés ou des concurrents, évoquant des pratiques systématiques de dissimulation d'emplois.

Des accusations fermement rejetées par la direction

Interrogée sur ces allégations, la direction de Shiva a formellement démenti toute infraction. Dans un communiqué, l'entreprise affirme respecter scrupuleusement la législation du travail et les règles applicables au secteur des services à la personne. Elle se dit « surprise et indignée » par l'ouverture de cette procédure, qu'elle attribue à une cabale de concurrents ou à une interprétation erronée de son modèle économique.

Shiva précise que l'ensemble de ses intervenants sont recrutés en contrat à durée indéterminée ou en contrat à durée déterminée, selon les besoins, et qu'aucun travail dissimulé n'a jamais été toléré. La société promet de coopérer pleinement avec les enquêteurs pour démontrer sa bonne foi.

Modèle économique sous pression

Cette affaire intervient dans un contexte où le secteur des services à domicile est régulièrement épinglé pour des pratiques contestables. Les plateformes numériques, en pleine croissance, sont accusées par certaines organisations syndicales de fragiliser les droits des travailleurs en favorisant l'ubérisation du secteur. Shiva, qui revendique plusieurs milliers de clients en France, se présente pourtant comme un acteur vertueux, soumis aux mêmes obligations qu'une agence traditionnelle.

L'ouverture de cette enquête pénale illustre la vigilance accrue du parquet face aux potentielles fraudes dans ce domaine. Si les faits étaient établis, la société pourrait encourir des sanctions financières lourdes, allant jusqu'à des amendes et des peines d'emprisonnement pour ses dirigeants.

Prochaine étape judiciaire

Pour l'heure, l'enquête est à un stade préliminaire. Les enquêteurs devront collecter des preuves, entendre des témoins et analyser les documents comptables et administratifs de l'entreprise. Aucune mise en examen n'a encore été prononcée. La procédure pourrait s'étendre sur plusieurs mois, laissant planer une incertitude sur l'avenir de la société et sur la confiance de sa clientèle.