L'inflation annuelle en Nouvelle-Zélande a accéléré à 4,1 % au deuxième trimestre, un niveau inédit depuis plus de deux ans. Cette poussée, alimentée par la forte augmentation des prix des carburants, conforte la Banque de réserve dans sa décision d'engager un cycle de resserrement monétaire.

Les chiffres officiels, publiés lundi, montrent que l'indice des prix à la consommation (IPC) a progressé de 1,5 % par rapport au trimestre précédent. Le coût de l'essence a bondi de plus de 12 % sur un an, représentant le principal facteur de cette accélération. Les prix des transports dans leur ensemble ont augmenté de 8 %, tandis que les loyers ont grimpé de 4,5 % et que les denrées alimentaires ont renchéri de 3,8 %.

Cette tendance confirme les anticipations des marchés et des économistes, qui tablaient sur un rebond de l'inflation après une période d'accalmie. La Banque de réserve, qui avait maintenu des taux historiquement bas pour soutenir la reprise post-pandémique, a entamé un cycle de hausse de ses taux directeurs en avril dernier. L'institution monétaire avait alors relevé son taux officiel de 0,25 point de pourcentage, une première depuis 2014, en invoquant précisément les risques inflationnistes.

Pression renforcée sur la politique monétaire

Les dernières données pourraient inciter la banque centrale à adopter un rythme de resserrement plus rapide que prévu. Plusieurs analystes estiment désormais qu'un nouveau relèvement de 25 points de base pourrait intervenir dès le mois d'août, lors de la prochaine réunion du comité de politique monétaire. Certains n'excluent pas une hausse plus importante, de 50 points de base, si l'inflation sous-jacente – qui exclut les éléments volatils comme l'énergie – venait à se montrer persistante.

Le gouverneur de la Banque de réserve, Adrian Orr, a récemment souligné que l'institution était prête à agir « de manière décisive » si nécessaire pour ramener l'inflation dans la fourchette cible de 1 à 3 %. Les derniers chiffres, qui dépassent nettement cette fourchette, renforcent la détermination de l'institution à poursuivre la normalisation de sa politique.

Un contexte économique contrasté

L'accélération de l'inflation intervient dans un environnement économique mitigé. Le marché du travail reste tendu, avec un taux de chômage au plus bas depuis la fin des années 2000, ce qui exerce une pression supplémentaire sur les salaires et les prix. Dans le même temps, la croissance économique a ralenti, le produit intérieur brut n'ayant progressé que de 0,3 % au premier trimestre, contre 1,2 % au trimestre précédent.

La hausse des prix du carburant reflète en partie la remontée des cours mondiaux du pétrole, mais aussi la faiblesse du dollar néo-zélandais, qui renchérit le coût des importations. Les tensions géopolitiques, notamment en Europe de l'Est, continuent d'alimenter la volatilité sur les marchés de l'énergie.

Réactions des acteurs économiques

Les syndicats ont exprimé leur inquiétude face à l'érosion du pouvoir d'achat des ménages, appelant à des mesures de soutien ciblées. Le gouvernement travailliste, qui s'est engagé à réduire la pression fiscale sur les bas revenus, pourrait être contraint d'ajuster ses priorités budgétaires.

Les milieux d'affaires, quant à eux, redoutent un ralentissement de la consommation si la banque centrale durcit trop rapidement sa politique. Certains secteurs, comme la construction et le commerce de détail, commencent à signaler un tassement de la demande.

Comparaisons internationales

La Nouvelle-Zélande n'est pas un cas isolé. De nombreuses économies avancées connaissent une poussée inflationniste, alimentée par la reprise de la demande mondiale, les tensions sur les chaînes d'approvisionnement et la flambée des prix de l'énergie. Les banques centrales d'Australie, du Canada et du Royaume-Uni ont également entamé un resserrement de leur politique monétaire.

Le Fonds monétaire international, dans ses récentes recommandations publiées début juillet, avait exhorté la Nouvelle-Zélande à relever ses taux d'intérêt vers un niveau neutre pour prévenir toute surchauffe de l'économie. Les données du deuxième trimestre semblent donner raison à ces mises en garde.

Perspectives

Les économistes s'attendent à ce que l'inflation reste élevée dans les mois à venir, avant de commencer à refluer progressivement à mesure que l'impact des hausses de taux se fera sentir et que les pressions liées aux prix de l'énergie s'atténueront. La Banque de réserve prévoit que l'inflation reviendra dans sa fourchette cible d'ici la fin de l'année prochaine, mais les risques sont jugés orientés à la hausse.

La prochaine réunion de politique monétaire, prévue en août, sera scrutée de près par les marchés financiers. L'ampleur du resserrement décidé par la banque centrale pourrait déterminer la trajectoire de l'inflation et de la croissance néo-zélandaises pour les trimestres à venir.