Le tribunal judiciaire de Nîmes a rendu ce mardi son verdict dans l'affaire opposant l'influenceur Jeremstar au parquet. Ce dernier était poursuivi pour avoir pénétré sans autorisation dans les arènes de la ville lors d'une corrida, en mai dernier, dans le cadre d'une action de sensibilisation contre la tauromachie. Les juges ont estimé que les faits ne constituaient pas une infraction pénale et ont prononcé la relaxe de l'intéressé.
Une action coup de poing contre la corrida
Connu pour ses contenus sur les réseaux sociaux, Jeremstar avait organisé cette intrusion en direct, filmant son entrée dans l'arène alors qu'un taureau s'y trouvait. L'objectif affiché était de dénoncer les souffrances infligées aux animaux lors des spectacles taurins. La séquence, largement diffusée, avait suscité un vif débat entre défenseurs et opposants de la corrida. Les organisateurs de la course et la mairie de Nîmes avaient porté plainte, dénonçant une violation des règles de sécurité et une perturbation de l'événement.
Un procès sous haute tension
Lors de l'audience, tenue quelques semaines plus tôt, le ministère public avait requis une peine d'amende et de prison avec sursis, estimant que l'action avait mis en danger la vie de l'influenceur et celle des participants. La défense avait plaidé la liberté d'expression et la légitimité d'une protestation non violente. Les juges ont finalement considéré que l'intrusion, bien que non autorisée, relevait d'une action militante protégée par la liberté d'opinion, et qu'aucun trouble à l'ordre public n'avait été démontré au-delà de l'incident.
Les réactions après le jugement
À l'issue du délibéré, Jeremstar s'est dit satisfait de cette décision, y voyant une reconnaissance de son engagement. Il a déclaré : « C'est une victoire pour la cause animale et pour la liberté d'expression. » Les associations anticorrida ont salué un jugement « courageux », tandis que les défenseurs de la tauromachie ont exprimé leur déception, estimant que la relaxe encourageait les actions illégales. La mairie de Nîmes n'a pas encore indiqué si elle fera appel.
Une jurisprudence attendue
Cette relaxe intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre militants anticorrida et autorités locales. Plusieurs actions similaires avaient été condamnées par le passé, mais celle-ci pourrait faire jurisprudence. Les experts juridiques notent que le tribunal a distingué l'intrusion pacifique d'une manifestation violente, ouvrant la voie à d'autres formes de protestation dans les arènes. L'affaire pourrait être portée devant la cour d'appel si le parquet décide de contester la décision.