Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a fermement rejeté, mardi 23 juin, toute possibilité pour l’Iran de prélever des frais de passage dans le détroit d’Ormuz, estimant qu’aucun pays ne peut imposer des péages sur une voie maritime internationale. Arrivé à Abou Dhabi, capitale des Émirats arabes unis, pour la première étape d’une tournée dans les monarchies du Golfe, le chef de la diplomatie américaine a fait valoir que le droit international s’oppose à de telles pratiques.

« Aucun pays n’est autorisé à percevoir des droits ou des taxes sur une voie maritime internationale », a déclaré Marco Rubio devant des journalistes. « C’est le droit international existant. C’est la règle dans toutes les voies maritimes internationales à travers le monde, et c’est ainsi que nous attendons que cela se passe ici. »

Ces propos interviennent alors que l’Iran et Oman ont convenu d’engager des négociations sur un éventuel système de redevances pour les navires transitant par ce détroit stratégique, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial. Téhéran justifie ce projet par la fourniture de services liés à la navigation, une argumentation que les analystes du secteur maritime jugent comme une simple tentative de contourner les règles – Téhéran parlant de « frais de service » et non de péages.

La position américaine sans ambiguïté

Marco Rubio, qui exerce également les fonctions de conseiller à la sécurité nationale du président Donald Trump, n’a pas commenté directement une publication du locataire de la Maison-Blanche sur les réseaux sociaux datée du samedi précédent. Dans ce message, Donald Trump avait affirmé que seuls les États-Unis seraient habilités à imposer des droits de passage dans le détroit d’Ormuz, écartant toute prétention iranienne.

« Aucun péage ne sera autorisé sur le trafic dans le détroit, sauf s’ils sont imposés par et pour les États-Unis d’Amérique », avait écrit le président américain. Marco Rubio s’est abstenu de faire référence à cette déclaration, se contentant de rappeler le cadre juridique international.

Contexte de tensions et de négociations

La tournée du secrétaire d’État américain constitue son premier déplacement au Moyen-Orient depuis le déclenchement, il y a près de quatre mois, des hostilités entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Ce voyage intervient au lendemain de la conclusion, en Suisse, d’une première série de pourparlers de paix entre Washington et Téhéran, dont les contours demeurent flous pour les observateurs.

Dans ce climat de méfiance, les déclarations de Marco Rubio visent à dissiper toute ambiguïté sur la position américaine : le détroit d’Ormuz, passage obligé pour les pétroliers quittant le Golfe, ne saurait faire l’objet d’une taxation unilatérale de la part de l’Iran. La question des redevances maritimes est l’un des points de friction majeurs dans les discussions, aux côtés du programme nucléaire iranien et de l’influence régionale de Téhéran.

Les dirigeants des monarchies du Golfe, où Marco Rubio doit se rendre à trois reprises, suivent avec attention les évolutions du dossier. La région craint qu’une perturbation du trafic dans le détroit n’entraîne une flambée des prix du pétrole et ne déstabilise davantage une économie mondiale déjà fragilisée.

Les négociations entre l’Iran et Oman sur ce sujet devraient se poursuivre dans les prochaines semaines, mais la fin de non-recevoir américaine laisse peu de place à un compromis qui reconnaîtrait une quelconque légitimité aux prétentions iraniennes.