La cour d'appel de Paris a prononcé, mardi 7 juillet, une peine d'inéligibilité de 45 mois à l'encontre de Marine Le Pen, dont 30 mois assortis d'un sursis. La dirigeante du Rassemblement national écope également d'une peine de trois ans de prison, dont deux ans avec sursis. Contrairement au jugement de première instance, cette décision ne ferme pas la porte à une candidature à l'élection présidentielle de 2027, la partie ferme de l'inéligibilité (15 mois) pouvant théoriquement être purgée avant l'échéance électorale.

Des peines allégées pour plusieurs cadres du parti

D'autres figures du Rassemblement national ont également été condamnées dans cette affaire de détournement de fonds publics européens. Julien Odoul a écopé de huit mois de prison avec sursis et d'un an d'inéligibilité avec sursis. Louis Aliot a été condamné à un an de prison avec sursis, 5 000 euros d'amende et deux ans d'inéligibilité avec sursis. Wallerand de Saint-Just et Bruno Gollnisch ont chacun été condamnés à trois ans de prison avec sursis, assortis respectivement d'un an d'inéligibilité, et d'un an d'inéligibilité avec 25 000 euros d'amende.

Un revirement après une première condamnation sévère

En première instance, les juges avaient retenu la culpabilité de Marine Le Pen pour avoir employé des assistants parlementaires européens à des tâches étrangères au Parlement. La peine initiale de cinq ans d'inéligibilité, assortie d'une exécution provisoire, aurait empêché toute candidature à la présidentielle. Le parquet général avait requis, quelques mois plus tôt, une peine équivalente à celle finalement prononcée en appel.

Une prise de parole publique attendue

Marine Le Pen, qui n'a fait aucune déclaration à sa sortie du palais de justice, doit s'exprimer lors du journal de 20 heures de TF1. Son entourage laisse entendre qu'elle entend défendre sa capacité à se présenter devant les électeurs malgré la condamnation. Dans le passé, elle avait estimé qu'il serait impossible de mener campagne dans de telles conditions, mais l'assouplissement de la peine change la donne politique.