La Cour suprême des États-Unis a validé jeudi la décision de l'administration Trump de lever le statut de protection temporaire pour les ressortissants haïtiens et syriens. Par six voix contre trois, les magistrats ont autorisé l'exécutif à supprimer ces protections humanitaires qui permettaient à plusieurs centaines de milliers de personnes de résider et de travailler légalement sur le sol américain. Les trois juges progressistes ont voté contre cette orientation.

Ce programme, instauré par le Congrès en 1990 avec un large consensus bipartisan, offre un répit juridique aux étrangers dont le pays d'origine est frappé par un conflit armé, une catastrophe naturelle ou toute autre situation exceptionnelle. Le secrétaire à la Sécurité intérieure décide quels États bénéficient de cette désignation, laquelle peut être reconduite sans limite de durée. Sous la présidence de Joe Biden, dix-sept pays étaient concernés. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a entrepris de supprimer le TPS pour treize d'entre eux.

La décision de la haute cour ouvre concrètement la voie à l'expulsion d'environ 350 000 Haïtiens et de 6 100 Syriens. Elle pourrait également avoir des conséquences pour les titulaires du TPS d'une dizaine d'autres nations, l'administration ayant annoncé son intention de généraliser cette mesure.

Cette décision s'inscrit dans un durcissement plus large de la politique migratoire américaine. Depuis l'entrée en fonctions du président Trump, l'administration a également suspendu l'accueil des réfugiés et ralenti considérablement l'examen des demandes d'asile. L'ensemble de ces dispositions réduit fortement les possibilités pour les personnes fuyant des zones de guerre ou de crise d'obtenir une protection aux États-Unis.

Les groupes de défense des droits des immigrés ont dénoncé une décision qui expose des familles entières à l'incertitude et à la séparation. À l'inverse, les partisans de la mesure estiment qu'elle permet de restaurer le contrôle des frontières et de mettre fin à des statuts temporaires qui se prolongeaient indéfiniment.

Il revient désormais au département de la Sécurité intérieure de mettre en œuvre les expulsions. Des recours judiciaires supplémentaires pourraient toutefois freiner le processus, les avocats des concernés ayant déjà annoncé leur intention de contester la décision par d'autres voies juridiques.