La Pologne a officialisé, ce lundi, l'acquisition de trois sous-marins neufs auprès du groupe de défense suédois Saab, dans le cadre d'un accord estimé à 4,2 milliards d'euros (environ 4,8 milliards de dollars). La cérémonie de signature s'est déroulée dans le port polonais de Gdynia, en bordure de la mer Baltique, en présence des premiers ministres polonais Donald Tusk et suédois Ulf Kristersson.
Ce contrat équipementier, conclu par l'Agence des armements du Trésor polonais, porte sur la fourniture de trois sous-marins de type A26, également connus sous l'appellation de classe Blekinge. Outre les navires eux-mêmes, la commande inclut un lot d'armements, des programmes de formation ainsi que des contrats de maintenance.
Un calendrier de livraison étalé sur plusieurs années
Selon un communiqué publié ce lundi par Saab, le premier sous-marin devrait être remis à la marine polonaise à partir de 2030, tandis que le dernier des trois bâtiments sera livré en 2038. Cette échéance s'inscrit dans un effort plus large de modernisation des capacités navales polonaises, alors que Varsovie cherche à remplacer son unique sous-marin vieillissant d'origine russe.
Des entreprises françaises, allemandes, italiennes, sud-coréennes et espagnoles avaient également soumis des offres pour ce marché, mais le choix polonais s'est finalement porté sur le constructeur suédois.
Un partenariat industriel et stratégique
Au-delà de la simple acquisition, l'accord prévoit l'ouverture en Pologne d'installations dédiées à la maintenance, à la réparation et à la révision (MRO) des sous-marins. Ces structures seront gérées en collaboration avec des sociétés polonaises, afin de renforcer l'autonomie industrielle de défense du pays.
Le premier ministre suédois Ulf Kristersson a déclaré que « une force sous-marine polonaise forte renforce la sécurité dans notre mer Baltique commune, et dans l'ensemble de l'OTAN ». Il a ajouté que « lorsque la Suède et la Pologne partagent les capacités les plus avancées en mer Baltique, notre partie du monde devient plus sûre ». De son côté, Donald Tusk a salué la coopération bilatérale en matière de défense.
Un contexte géopolitique tendu
Cet achat intervient dans un climat de tensions accrues aux frontières orientales de l'Europe, Varsovie cherchant à moderniser ses forces armées face à la menace perçue de la Russie. L'accord illustre également le resserrement des liens entre la Pologne et son voisin scandinave, les deux pays partageant un littoral baltique et faisant partie de l'OTAN depuis l'adhésion récente de la Suède.