Le tribunal de commerce d'Orléans a prononcé, lundi 1er juin, l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire à l'encontre de la verrerie Duralex. Le fabricant de vaisselle en verre trempé, installé à La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret), emploie 243 salariés.
L'entreprise, reprise par ses salariés sous forme de société coopérative et participative (Scop) en 2024, avait annoncé, quelques jours plus tôt, son intention de solliciter cette procédure. La direction avait alors justifié cette décision par des "caisses vides". Duralex avait bénéficié, à l'automne précédent, de près de 20 millions d'euros de promesses de dons de la part de citoyens, dans le cadre d'une souscription destinée à soutenir son activité.
Une procédure pour tenter de sauver l'outil industriel
Le redressement judiciaire, d'une durée maximale de six mois, doit permettre à Duralex de poursuivre son activité tout en gelant le passif. L'objectif affiché est de trouver un repreneur ou de parvenir à un plan de continuation permettant de préserver l'outil industriel et les emplois.
La direction de la Scop a indiqué que la trésorerie ne permettait plus de faire face aux échéances. Malgré l'engouement suscité par le modèle coopératif et les promesses de soutien financier, la société n'a pas réussi à stabiliser sa situation économique. Le contexte de hausse des coûts de l'énergie et des matières premières a lourdement pesé sur les comptes de la verrerie, déjà fragilisée par plusieurs plans de restructuration successifs avant son rachat.
Un symbole industriel du Loiret
Fondée en 1927, Duralex est devenue une marque emblématique de la vaisselle en verre trempé, présente dans de nombreux foyers français et à l'export. Son usine de La Chapelle-Saint-Mesmin constitue l'un des derniers sites de production de verre de ce type en France.
La procédure de redressement judiciaire ouvre une période d'observation pendant laquelle la direction devra présenter un plan de restructuration. Les salariés, les représentants syndicaux et les pouvoirs publics suivent de près ce dossier, l'entreprise bénéficiant d'un soutien politique et populaire important.
L'avenir de la Scop en suspens
Le modèle Scop, choisi en 2024 après le désengagement de l'actionnaire précédent, avait suscité un fort espoir de redynamisation. La collecte de dons, massive, avait témoigné de l'attachement des consommateurs à la marque. Cependant, cette mobilisation n'a pas suffi à endiguer les difficultés structurelles.
Les prochaines semaines seront décisives : le tribunal devra se prononcer sur les offres de reprise ou le plan de continuation qui pourraient être présentés. Les salariés et leurs représentants espèrent qu'un repreneur se manifestera pour maintenir l'activité sur le site historique.
L'audience de suivi devant le tribunal de commerce est attendue dans les mois à venir, période durant laquelle la direction devra fournir un bilan actualisé de la situation.