La fermeture du détroit d'Ormuz, annoncée le 12 juillet par Téhéran, a provoqué une nouvelle flambée des cours du pétrole. Le baril de Brent, référence internationale, a franchi la barre des 85 dollars, retrouvant des niveaux qui n'avaient plus été observés depuis plusieurs semaines. Ce regain de tension fait suite à de nouvelles frappes américaines en Iran et à des échanges de tirs dans la région du Golfe, où des explosions ont été entendues aux abords du détroit.

Le baril repart à la hausse

Plusieurs sources concordantes indiquent que le baril de Brent s'échangeait à plus de 85 dollars le 15 juillet, enregistrant une hausse de plus de 5 % en quelques séances. Cette envolée des prix intervient alors que le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial, est bloqué. Les autorités iraniennes ont également lancé des missiles et des drones en représailles aux frappes américaines, accentuant l'incertitude sur la sécurité des voies maritimes.

L'Asie, première victime de la fermeture

Avant le conflit, plus de 85 % des pétroliers et méthaniers quittant le Golfe Persique se dirigeaient vers l'Asie. La Banque asiatique de développement (BAD) estime que les affrontements dans le Golfe et le blocage du détroit pourraient réduire la croissance de la région à 4,9 % en 2026, contre 5,5 % l'année précédente. L'institution craint qu'un prolongement de la crise ne pousse les prix du pétrole et du gaz bien au-delà des niveaux actuels, notamment si les grands importateurs asiatiques, comme la Chine, qui avait réduit ses commandes ces derniers mois, reviennent massivement sur le marché.

Des conséquences à la pompe

Cette nouvelle flambée des prix du brut se traduit mécaniquement par une hausse des carburants à la pompe. Alors que le gazole était repassé sous la barre des 2 euros en France mi-juin, la tendance pourrait s'inverser. Les analystes estiment que les prix à la pompe devraient rester à un niveau élevé tant que la situation au Moyen-Orient ne se stabilisera pas.

Le détroit d'Ormuz, point névralgique du commerce mondial

Le détroit d'Ormuz, situé entre l'Iran et la péninsule arabique, est un passage stratégique pour le transport du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL). Sa fermeture, même partielle, a des répercussions immédiates sur les marchés mondiaux de l'énergie. La précédente fermeture, en mars, avait déjà provoqué des perturbations majeures dans l'approvisionnement des pays asiatiques.