Le gouvernement entend accélérer l’adaptation des forêts françaises face aux conséquences du dérèglement climatique. Un plan d’investissement d’ampleur, doté de 438 millions d’euros, doit être dévoilé mardi prochain par la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. Cette enveloppe, présentée comme « très importante » par le ministre délégué chargé notamment de la Transition écologique, vise à financer le renouvellement forestier et à renforcer la résilience des massifs face aux incendies et aux épisodes de sécheresse.

Un contexte d’urgence accrue Les récents incendies, survenus en pleine canicule et alors que la sécheresse frappe plusieurs régions, ont relancé la pression sur les pouvoirs publics. La France a connu ces dernières semaines plusieurs foyers virulents, rappelant la vulnérabilité croissante des forêts. Monique Barbut a estimé qu’il était nécessaire de lancer « un grand plan d’investissement pour la forêt française », insistant sur le besoin d’anticiper les effets du changement climatique. Ce plan doit permettre de financer des opérations de reboisement, d’amélioration de la gestion sylvicole et de prévention des incendies.

438 millions d’euros pour la forêt et la biodiversité L’effort budgétaire annoncé s’inscrit dans une stratégie plus large de protection de la biodiversité. Lors d’une visite consacrée aux liens entre climat et milieux naturels, le ministre délégué chargé de la Transition écologique a précisé que ces crédits seraient « relatifs au renouvellement forestier ». Le montant de 438 millions d’euros a été confirmé par plusieurs sources officielles, sans que le détail des affectations soit encore connu. Le gouvernement promet de « continuer à s’adapter » et de mettre les moyens nécessaires pour accompagner les forestiers face aux défis climatiques.

Une concertation annoncée avec l’ensemble des acteurs Monique Barbut a indiqué qu’elle réunirait « prochainement l’ensemble des acteurs de la forêt, ainsi que les entreprises et les financeurs ». Cette réunion, dont la date exacte n’a pas été précisée, devrait permettre de finaliser les modalités du plan et de mobiliser les partenaires privés et publics. L’objectif affiché est de construire une réponse collective, associant exploitants, propriétaires, scientifiques et collectivités, pour améliorer la gestion des forêts et réduire les risques.

Un changement d’échelle nécessaire Les spécialistes soulignent que la forêt française, qui couvre environ 17 millions d’hectares, est confrontée à un stress hydrique récurrent et à une augmentation des départs de feux. Le plan gouvernemental entend donc non seulement lutter contre les incendies immédiats, mais aussi engager une transformation en profondeur du modèle forestier. Le renouvellement des essences, l’introduction d’espèces plus résistantes à la chaleur et le désherbage mécanique figurent parmi les pistes envisagées.

Une présentation officielle très attendue La ministre Monique Barbut détaillera les mesures concrètes mardi prochain, lors d’une conférence de presse. Le plan devrait s’inscrire dans la durée, avec des engagements financiers pluriannuels. Pour le gouvernement, l’enjeu est de concilier production forestière, stockage de carbone et protection de la biodiversité, tout en réduisant l’exposition aux incendies. Ce premier volet de 438 millions d’euros pourrait être complété par des dotations ultérieures, en fonction de l’évolution des besoins et des retours des acteurs consultés.