Le gouvernement met en œuvre un plan d’envergure pour la protection et la restauration des forêts françaises, marqué par une enveloppe de 438 millions d’euros et la création d’une nouvelle structure publique baptisée France Forêt 2100. L’annonce a été faite par la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, lors d’une réunion sur la restauration forestière qui s’est tenue mardi 21 juillet à Paris.

Un financement massif pour la résilience forestière

Les 438 millions d’euros débloqués constituent l’une des plus importantes dotations jamais allouées à la politique forestière française. Ces crédits doivent financer un ensemble de mesures destinées à adapter les forêts aux conséquences du dérèglement climatique : sécheresses à répétition, augmentation du risque d’incendie, dépérissement des essences traditionnelles. Le plan prévoit notamment des travaux de reboisement, la diversification des espèces plantées – avec des essences mieux adaptées aux conditions futures – et le renforcement des infrastructures de lutte contre les incendies.

France Forêt 2100, une start-up d’État pour anticiper les défis du siècle

Au cœur du dispositif figure la création de France Forêt 2100, présentée comme une « start-up d’État » par Monique Barbut. Cette structure publique aura pour mission de coordonner les actions de long terme, d’accélérer la recherche sur les essences résilientes et de déployer à grande échelle les solutions de sylviculture adaptée au changement climatique. La ministre a souligné que cet outil permettra d’agir plus rapidement et de manière plus ciblée, en s’appuyant sur une équipe dédiée et des financements spécifiques.

Contexte et enjeux

La France possède la troisième plus vaste surface forestière d’Europe, mais celle-ci subit de plein fouet le réchauffement planétaire. Les incendies de grande ampleur se multiplient, tandis que des essences emblématiques comme le chêne ou le hêtre montrent des signes d’affaiblissement dans plusieurs régions. Le plan 438 millions d’euros s’inscrit dans une stratégie nationale plus large de transition écologique, dont l’objectif est d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 et de préserver la biodiversité.

Réactions et perspectives

L’annonce de la ministre a été accueillie avec intérêt par les acteurs du secteur forestier, même si certains attendent des précisions sur les modalités concrètes de déploiement de France Forêt 2100 et sur la répartition des fonds entre les différentes régions. Le gouvernement prévoit une mise en œuvre progressive des mesures à partir de cet automne, avec un premier bilan attendu dans les douze mois. Le plan devra être coordonné avec les collectivités locales et les propriétaires forestiers, qui seront en première ligne pour l’application des nouvelles pratiques de gestion.