Bruxelles maintient le cap sur le système d’entrée-sortie
La Commission européenne a opposé une fin de non-recevoir à la requête des transporteurs aériens et des gestionnaires d’aéroports demandant la suspension temporaire du système d’entrée-sortie (EES) durant la saison estivale. Lors d’une réunion organisée mardi avec les parties prenantes du secteur, les responsables communautaires ont estimé que les bénéfices sécuritaires du dispositif l’emportent sur les désagréments constatés. Un porte-parole de l’exécutif européen a déclaré que le système « améliore la sécurité des citoyens de l’UE tout en limitant l’impact sur les voyageurs légitimes non européens ».
Le système, qui impose la collecte d’empreintes digitales et de photographies du visage à l’entrée et à la sortie de l’espace Schengen, est pleinement opérationnel depuis le mois d’avril. Depuis son déploiement, aéroports et compagnies font état de files d’attente interminables aux points de contrôle, de confusion parmi les passagers et de vols manqués. À l’approche du pic estival, la crainte d’une dégradation de la situation a conduit les hauts responsables de l’industrie aéronautique à adresser une lettre ouverte à la présidente de la Commission pour réclamer une suspension provisoire.
Un bilan chiffré présenté par la Commission
Pour justifier sa décision, Bruxelles a mis en avant les résultats obtenus depuis le lancement du système. Selon les données fournies par la Commission, l’EES a déjà enregistré 110 millions de passages et permis de refuser l’entrée à 45 000 voyageurs ne remplissant pas les conditions requises. Ces chiffres, avancés par le porte-parole, visent à démontrer l’efficacité du dispositif dans la lutte contre l’immigration irrégulière et les menaces sécuritaires.
Les critiques du secteur aérien estiment pour leur part que le système « sape la réputation de l’Europe, le tourisme européen et la connectivité », selon les termes de la lettre ouverte. Ils redoutent que la situation ne s’aggrave encore avec l’afflux estival, alors que les infrastructures aéroportuaires peinent déjà à absorber les flux.
Un périmètre étendu à 29 pays
Le système d’entrée-sortie s’applique aux 29 pays de l’espace Schengen, qui comprend 25 États membres de l’Union européenne ainsi que l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse. Sont concernés tous les voyageurs qui ne sont pas ressortissants d’un de ces États, ni citoyens d’Irlande ou de Chypre. Ces derniers doivent se soumettre aux contrôles biométriques à chaque entrée et sortie.
Alors que l’été bat son plein, les voyageurs se rendant en Europe sont invités à anticiper des délais supplémentaires aux frontières. La Commission n’envisage pas de revenir sur sa position et maintient que le système, une fois rodé, devrait réduire les frictions. En attendant, les aéroports redoublent d’efforts pour gérer les files d’attente, mais sans perspective d’allègement réglementaire à court terme.