Le lycée musulman Averroès, situé à Lille, connaît un nouveau rebondissement judiciaire. La cour administrative d'appel a annulé, ce mercredi 8 juillet 2026, le rétablissement de son contrat d'association avec l'État, selon des informations concordantes. Ce contrat permettait à l'établissement privé de bénéficier de financements publics en contrepartie du respect du programme scolaire national.
Ce jugement intervient après une décision antérieure qui avait rétabli ce lien contractuel, une décision désormais remise en cause par la juridiction d'appel. Les motifs précis de l'arrêt rendu par la cour administrative n'ont pas été détaillés dans l'immédiat, mais cette annulation constitue un nouveau coup dur pour le lycée, qui se trouve de nouveau privé de son contrat avec l'État.
Le lycée Averroès, établissement d'enseignement secondaire sous contrat avec l'État, avait vu son contrat suspendu puis résilié par les autorités académiques il y a plusieurs années, en raison de manquements présumés aux obligations fixées par la loi. Depuis lors, une série de recours judiciaires a émaillé le dossier, alternant entre décisions favorables et défavorables à l'établissement.
Cette nouvelle décision de la cour administrative d'appel remet en question le financement public de l'établissement et pourrait avoir des conséquences sur son fonctionnement pédagogique et administratif. Les représentants du lycée n'ont pas encore réagi publiquement à cet arrêt. L'État, représenté par le rectorat de l'académie de Lille, n'a pas non plus communiqué dans l'immédiat sur les suites qu'il entend donner à cette décision.
Ce dossier judiciaire suit un cours complexe depuis plusieurs années, marqué par des enjeux éducatifs, juridiques et politiques autour de la place des établissements privés confessionnels dans le système scolaire français. Le lycée Averroès avait été créé au début des années 2000 et avait obtenu un contrat d'association avec l'État, lui permettant d'être subventionné tout en conservant un projet pédagogique fondé sur les valeurs de l'islam.
L'affaire avait connu un précédent important en 2023, lorsque le tribunal administratif de Lille avait annulé la résiliation du contrat, une décision qui avait été confirmée en appel avant d'être cassée par le Conseil d'État. Ce dernier avait renvoyé l'affaire devant la cour administrative d'appel, qui s'est prononcée ce mercredi. La décision rendue pourrait encore faire l'objet d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
Les enjeux financiers sont considérables pour l'établissement, qui accueille plusieurs centaines d'élèves. Sans contrat, le lycée ne perçoit plus de subventions publiques et doit fonctionner sur ses seules ressources propres, ce qui complique sa gestion et la rémunération de ses enseignants. La question de la poursuite de l'activité de l'établissement se pose à nouveau, même si aucune annonce de fermeture n'a été faite à ce stade.
Les réactions politiques et associatives n'ont pas encore été recueillies. Ce dossier sensible suscite régulièrement des prises de position contrastées, entre défense de la liberté de l'enseignement et vigilance sur le respect des valeurs républicaines et de la laïcité. La décision de la cour administrative d'appel devrait relancer ce débat public.