L'Agence spatiale européenne (ESA) a diffusé ces dernières semaines une image d'une ampleur inédite du centre de notre galaxie, capturée par son télescope spatial Euclid. Constituée de neuf clichés assemblés en une seule mosaïque, cette vue en lumière visible dévoile plus de soixante millions d'étoiles concentrées dans le bulbe galactique, la région la plus dense et la plus lumineuse de la Voie lactée.

Une observation express aux retombées majeures

L'observation a été menée le 23 mars 2025, alors qu'Euclid effectuait une brève déviation de sa trajectoire nominale. En vingt-six heures, l'instrument VIS (Visible Instrument) a balayé une portion du ciel que les astronomes peinent habituellement à étudier en raison de la densité stellaire et de la poussière interstellaire. Les taches sombres visibles sur le bord droit de la mosaïque correspondent à des nuages moléculaires qui masquent partiellement le cœur galactique. Les couleurs de l'image finale ont été ajoutées à partir d'observations complémentaires réalisées depuis le sol.

Un gain de temps précieux pour la NASA

Ce cliché n'est pas qu'une prouesse technique ou esthétique. Il doit directement servir de base de travail au télescope spatial Nancy Grace Roman de la NASA, dont le lancement est prévu durant l'été 2026. En fournissant une carte détaillée du bulbe galactique, les données d'Euclid devraient permettre de gagner environ deux années de recherche sur l'identification d'exoplanètes, de trous noirs isolés et d'étoiles variables. La mission Roman, spécialisée dans les relevés à grand champ, pourra ainsi cibler plus efficacement les régions d'intérêt.

Euclid, un chasseur d'énergie noire aux talents multiples

Conçu initialement pour cartographier l'univers sombre et percer les mystères de l'énergie noire et de la matière noire, Euclid a démontré avec cette incursion inattendue sa capacité à servir d'autres objectifs scientifiques. L'ESA souligne que ce détour d'une seule journée dans le planning de la mission a produit un volume de données équivalent à ce que les relevés terrestres ou spatiaux consacrés mettraient des années à accumuler. Les astrophysiciens disposent désormais d'un outil inédit pour étudier la structure et l'histoire de notre propre Galaxie.