Les candidats à l'élection partielle de Makerfield multiplient les ultimes appels aux électeurs avant le scrutin de ce jeudi. Ce vote, déclenché par la démission de l'ancien député Josh Simons, revêt une importance nationale : il pourrait sceller l’avenir politique du maire de Manchester, Andy Burnham, et celui du Premier ministre Keir Starmer.
Andy Burnham, favori sous surveillance
Candidat du Parti travailliste, Andy Burnham est donné en tête par les rares sondages locaux, mais la marge s’annonce serrée. L’ancien ministre, qui a grandi dans la circonscription, met en avant son ancrage local : il promet de « faire fonctionner Westminster pour Makerfield » et pour les communautés « trop longtemps négligées ». Il doit tenir un meeting de clôture de campagne ce mercredi.
Toutefois, le Premier ministre Keir Starmer a clairement prévenu que toute velléité de contestation de sa part serait un « mauvais » signal pour le pays. Starmer a indiqué qu’il se battrait contre toute tentative de le déloger de la tête du parti, tout en offrant une porte de sortie à Burnham : un poste ministériel en cas de victoire. « J’espère qu’il gagnera l’élection partielle et qu’il jouera un grand rôle dans le gouvernement travailliste », a-t-il déclaré. Une défaite de Burnham pourrait néanmoins compromettre ses ambitions.
La poussée du Reform UK
Le principal adversaire d’Andy Burnham est Robert Kenyon, candidat du Reform UK. Plombier et conseiller local, il était arrivé deuxième dans la circonscription lors des législatives de 2024. Le parti anti-immigration, dirigé par Nigel Farage, a remporté tous les sièges locaux lors des récentes élections municipales. Farage lui-même fait campagne sur le terrain pour appuyer son candidat. Kenyon met en avant ses origines populaires et son attachement local, mais il est critiqué pour d’anciennes publications sur les réseaux sociaux, notamment sur le Brexit, l’avortement et l’Ukraine. Il se défend en affirmant n’être « pas un politicien de carrière » et promet que la population se sentira « écoutée » s’il est élu.
Les autres candidats et la campagne
Restore Britain, nouveau parti fondé par l’ex-député Reform Rupert Lowe, se présente pour sa première élection partielle à Makerfield. Sa candidate, la cheffe d’entreprise locale Rebecca Shepherd, promet de « prioriser Makerfield » et de lutter pour les priorités nationales du parti : « inverser l’immigration de masse » et « récompenser les travailleurs britanniques ». Les sondages la placent en troisième position, devant les conservateurs, les verts et les libéraux-démocrates.
Le candidat conservateur Michael Winstanley, ancien maire de Wigan, axe sa campagne sur la régénération des centres-villes et la réduction des embouteillages. Le libéral-démocrate Jake Austin, conseiller à Stockport, se présente comme une « alternative raisonnable » au travaillisme et au Reform. La verte Sarah Wakefield, conseillère municipale de Manchester, a remplacé le premier candidat Chris Kennedy. Son message aux électeurs : « Ne votez pas par colère, votez par espoir. »
Un scrutin décisif pour l’avenir politique du Royaume-Uni
Au-delà du sort individuel d’Andy Burnham, ce scrutin est perçu comme un test national pour le gouvernement travailliste et pour la montée du Reform UK. Les analystes estiment que le résultat pourrait influencer la direction du Parti travailliste et la dynamique de l’opposition. La participation et le report des voix seront scrutés de près, alors que le Reform UK talonne le travaillisme dans une circonscription traditionnellement acquise à la gauche.